lundi 11 juillet 2011

Les moulins de l’Eau bourde à Gradignan pour témoins…







Finalement, le futur marcheur aura passé beaucoup de temps à tester la qualité de ses pas, la robustesse de ses pieds, les réactions de son corps,  à l’ombre des parcs et bois de Gradignan, Canéjan, Cestas, avec l’eau bourde pour témoin.
Des séances de 2, 3, 4H ou plus, seul, avec son épouse ou avec ses amis, en ces mois de Mai, juin, juillet, trois mois particulièrement ensoleillés cette année.
Soleil, ombre, reflets de l’eau, pour partenaires,…
Et puis surtout, l’opportunité du silence…
Un temps de silence « en soi », « pour soi », pour faire le vide, s’isoler, questionner, ordonner, solutionner, détruire, oublier, reconstruire, comprendre, pardonner, imaginer, effacer, revivre, tricher, mentir, refaire, simuler, se rassurer, se déstabiliser, faire le deuil, donner naissance…
Un temps de parole silencieuse, pour méditer, se taire, écouter, respirer.
Ecouter le profond de son être, pour mieux se découvrir et se connaître.
Un silence au service de l’apprentissage de l’écoute de l’autre,
Le silence du marcheur, une épreuve, portée par les pas réguliers le long des sentiers...
Le silence, une peur, mais aussi un privilège…

vendredi 8 juillet 2011

Les premiers pas en Juillet 2011, entre Gradignan et Belin-Mons..

Dans le cadre de ma préparation j’ai accompli  le jeudi 23 juin la séquence Gradignan- Le Barp - Belin Beliet - Mons.
Entre Gradignan et Le Barp, les pas accomplis le long de l’ancienne route nationale côtoient  la trace de diverses souffrances passées ou encore actuelles :
-          des fleurs, posées à même les arbres, rappellent les dangers de la route et le caractère autrefois très  meurtrier de l’itinéraire vers l’Espagne.
-          deux monuments commémorent les feux de l’Eté 1949 qui, le 20 août, firent périr par brulures ou asphyxie 82 civils ou militaires tout en détruisant 30 000 ha de forêt.
Le premier est constitué de 3 arbres, nus, élancés vers le ciel, et renvoyant à la symbolique christique du « pourquoi m’as-tu abandonné ? ».  Le second  liste l’identité de chacun de ces héroïques défenseurs de la forêt.
Le temps a passé, mais la nécessité de respecter et protéger la forêt, le devoir de conduite routière exemplaire, demeurent plus que jamais.
Le long de cette route, l’esprit du marcheur est totalement pollué par les nuisances phoniques d’une route désormais livrée aux mouvements pendulaires entre Bordeaux et la périphérie. Les voyageurs qui autrefois  traversaient la région pour aller vers la péninsule ibérique ou l’Afrique du Nord ont été remplacés par les tenants  de l’étalement urbain.
Les pas côtoient aussi les innombrables déchets libérés à travers les fenêtres des véhicules (mégots de cigarettes, paquets  vides de cigarettes offrant au passant son message « fumer tue », cannettes…).
A l’arrivée le tympan de l’Eglise Saint Jacques du Barp accueille le marcheur tandis que l’église est apparemment fermée.
Entre Le Barp et Belin Beliet, Mons, le parcours effectué en dehors de la route, et établi à travers divers pare - feux,  réconcilie le marcheur avec une forme d’apaisement et de sérénité, au sein du parc naturel régional des Landes de Gascogne.
Enfin le silence et le contact vrai avec les pins, les fougères, l’eau de la Leyre, les mais, et …un chevreuil.
L’esprit du marcheur reste lucide quand son regard se fixe sur les restes de la tempête  de 2009, laquelle avait dévasté par des vents violents la forêt de pins, ces colosses de 30 m de hauteur mais aux racines peu profondes.
Les pas se déroulent au rythme de 4km/h, les rafales du vent déchainé s’exécutent à 170 km/h.
La nature est à notre image et porte en elle une zone d’ombre dévastatrice.












La belle église romane de Mons, au sud de Belin, se dessine alors, aux termes d’une journée de 40kms en 10H…mais elle est fermée. Dommage ! Les derniers pas de la journée se font parmi les tombes du cimetière qui entourent l’église.

jeudi 7 juillet 2011

Le pèlerin de Danielle BIGATA à Gradignan en Gironde! 07/07/2011

07/07/2011,
Dans quelques jours je m'élancerai vers Saint Jacques de Compostelle, en partant des "ruines" de Cayac, célèbres par leur histoire faite de diverses facettes.L'une est relativement récente et porte une image horriblement négative.L'ancienne RN10, de Paris à Madrid, traversait autrefois ces fameuses ruines, et a été le théâtre de très nombreux accidents mortels, entre 1955 et 1980. Depuis la RN ( devenue plus tard RD) a été doublée par l'autoroute A63, les "ruines" de Cayac ont été dédiées aux piétons et aux contemplatifs, mais pourtant combien de vies humaines ont été supprimées à cause de ces "ruines" dont le franchissement se faisait par un virage ô combien dangereux! combien de familles ont été anéanties par l'injustice de la désespérance et de la mort !
Aujourd'hui plus personne n'en parle.
Paradoxalement c'est en ce lieu qu'est venu se reposer le Pèlerin de Danielle Bigata, porteur d'une sérénité née de son expérience issue de son périple!
La Sagesse caractérise désormais un lieu défini il y a peu par la violence des comportements des individus face à l'ivresse de la vitesse des voitures individuelles et par l'indifférence des pouvoirs publics vis à vis des morts et blessés graves...
C'est ainsi,
Une vie ne vaut rien... mais rien ne vaut une vie ( A Malraux).