jeudi 31 mai 2012

Les hirondelles de Belorado...


… les messagères du printemps…
… « L’endroit le plus remarquable de cette ville historique (Belorado) est la grande place à arcades, au-dessus de laquelle voltigent d’infatigables hirondelles… (Étape Redecilla del Camino – San Juan de Ortega, 14 octobre 2001)
Audrey FERRARO, « un amour de camino », www.publibook.com.

Je me souviens bien de ce bourg, mes pas m’y avaient conduit un dimanche de septembre, en début d’après-midi, le corps blessé par  diverses ampoules aux pieds, avec la vive envie de me reposer au plus tôt. Une fête locale battait son plein et tous les habitants étaient sur la « grande place à arcades », en ce dimanche ensoleillé.
Où étaient alors les hirondelles ?
A cette date, elles n’étaient pas encore parties pour l’Afrique afin de trouver les insectes qui disparaissent de nos contrées en  hiver. Elles ne s’étaient pas encore élancées pour une migration sur 6000 kms environ pour trouver les insectes de survie, au nord de l’Equateur, au Cameroun... Un vol migratoire qui  correspond à  environ 8 fois la distance entre Saint Jean Pied de Port et Compostelle. Huit « camino » en quelque sorte. Seize en comptant l’aller-retour.
Tout cela accompli par un oiseau d’une vingtaine de grammes de poids.
Les hirondelles de Belorado étaient surement là depuis Mai, venues chercher les insectes et venues pour se reproduire, « piaillant » et volant selon leur style si caractéristique, les ailes toujours en mouvement.
Ce dimanche après midi là, elles devaient attendre la fin des festivités, près de leurs progénitures, dans les nids…
De nombreux symboles ou légendes sont associés à cet oiseau. Je retiendrai volontiers la croyance selon laquelle l’hirondelle préserve de la foudre et porte bonheur à la maison qu’elle a choisie. Je retiendrai aussi la légende chinoise qui prétendait que les hirondelles disparaissaient à l’automne, au fonds de l’eau, pour y passer l’hiver. « Elles s’y transformaient en coquillages, puis redevenaient hirondelles, en accompagnant le mouvement ascendant du soleil. Elles incarnaient la fécondité et des légendes rapportent la fécondation merveilleuse de jeunes filles par l’ingestion d’œufs » (www.oiseaux.net)

Cet été, je retraverserai cette grande place à arcades et chercherai les hirondelles...

La grande place à arcades, en hiver ( portail internet de la ville)

La grande place à arcades, en hiver ( portail internet de la ville)





La grande place à arcades, au printemps ( portail internet de la ville)


Hirondelle de rivage, www.oiseaux.net


Hirondelle des rochers, www.oiseaux.net  


Hirondelle rustique, www.oiseaux.net 

mercredi 30 mai 2012

Estella, Lizarra, les étoiles de la révolte, l’épée de Damoclès.


... "l'innocence du camino"...

« Lundi 8 octobre 2001, étape Puente la Reina – Estella,
…  Dans un bar de la place, Ester commande un menu de pèlerin. En attendant d’être servie, elle focalise son attention sur les images que diffuse une télévision accrochée en hauteur, dans un angle de la pièce. Les autres clients en font de même car le sujet du reportage est inquiétant. Il est question des conséquences liées aux attentats perpétrés aux Etats Unis, le 11 septembre dernier….. Elle veut chasser de son esprit la folie qui s’empare du Monde…pour retrouver l’innocence du camino… »
Audrey FERRARO, « un amour de camino », www.publibook.com.

… aujourd’hui 20 mai 2012, les pas du cheminant communient avec la nature sur les sentes d’Espagne. Et pourtant, là à 2 pas de Ferrare, en Italie, la terre tremble… 7 morts, 3000 personnes évacuées…
… aujourd’hui 29 mai, entre Modène et Ferrare, la terre tremble à nouveau…15 morts…
… pourquoi ? Pourquoi vénérer une nature qui embellit l’univers et accueille les pas du pèlerin ? Pourquoi être rejeté par sa violence lorsqu’elle se déchaîne ? L’idée de la nature serait-elle de nous mettre à l’ordre ? De nous rappeler sa puissance ? De nous accuser ? De nous faire vivre avec une épée de Damoclès sur la tête ?
… plus je marche, plus je doute !... plus je me sens proche des autres pèlerins italiens sur le chemin !
… pourquoi ? Au fonds, le camino ne serait-il pas un chemin de confort et d’assurance, comparé aux chemins de Modène, Ferrare, Finale Emilia, d’Emilie Romagne !... est-il si « innocent » que cela ?
… 8 octobre 2001, 20-29 Mai 2012, …comment en ces nuits « trouver le repos » ?...

Le Christ de Puente la Reina, pourquoi?



Mai 2012, les "peregrinos" à Estella...


jeudi 24 mai 2012

Rocamadour, les énergies de la terre dans la vallée de l’Alzou.



Ayant accompli en mars dernier une étape du Chemin du Puy, entre  Rocamadour et Gramat, sur le GR6, j’avais été frappé par l’harmonie libérée par ce lieu étrange qu’est celui de la Vallée de l’Alzou, à Rocamadour.
Dans le film « Le voyage alchimiste », film de Georges COMBE, Patrick BURENSTEINAS décrit ces lieux. Je reprends ci-après les éléments majeurs de ces propos.
Ils ouvrent la porte à une réflexion sur des approches dont je ne suis pas familier, la vision des alchimistes.
Rocamadour, le rocher de l’amour, le rocher de la lumière,
Amadour était un ermite vivant dans une grotte. Après sa mort, son corps, non décomposé, (signe de sainteté), fut retrouvé par des pèlerins de Saint Jacques. Lorsqu’ils voulurent le déplacer pour une sépulture plus décente, le corps se réduisit en poussière… le tombeau est désormais vide…
En fait Rocamadour serait à la croisée de 2 courants d’énergie qui créent des tourbillons lorsqu’ils s’affrontent. Amadour enterré en ce lieu de croisement aurait en quelque sorte bénéficié d’énergies libérées par la terre lui évitant la décomposition. Déplacé, il perdait ce privilège…
Sept églises sont recensées et établies autour de la place des Eglises, autre lieu de croisement des énergies.
Une vierge noire, comme à Chartres, au Mont Saint Michel, ou sur le camino francés, est reliée aux énergies de la terre.
Mercure, Hermès, Saint Michel sont présents, le nombre 8 se retrouve souvent dans la base octogonale de l’architecture. On dit que Saint Michel aurait intercepté l’épée de Roland à Roncevaux et l’aurait planté à Rocamadour. L’épée aurait ouvert le rocher.
Une porte entre les mondes de la matière et de l’esprit, surveillée par un gardien, le rocher de la Vallée, guide les pas vers une fontaine miraculeuse où l’eau magique est porteuse de la mémoire de la vallée et des esprits de la nature. Le chemin relie alors plusieurs moulins, refuges des esprits des éléments, la terre, l’air,  l’eau. Moulin de Sirogne, moulin de la Mouline, moulin de Tournefeuille, moulin du Saut.
Le cheminant sent la nature avec son corps et non avec son intellect et fait un avec le lieu en entrant en communion avec lui. Il ressent alors l’harmonie et peut alors ouvrir son esprit à une autre réalité que celle induite par la société mécaniste moderne.
Deux croix de part et d’autre de la vallée symbolisent un courant d’énergie croisant le flux propre à la vallée.
Pour les alchimistes tout est vivant, l’animal, le végétal, le minéral. La terre est vivante. L’un dans le tout, le tout dans l’un.
Le Rocher de l'Amour
Le Rocher de la lumière


La Porte entre les Mondes


La Porte entre les Mondes

La Vierge noire


La Vierge noire


Le Tombeau de Saint Amadour


Le GR6, porte des fontaines et moulins
La fontaine miraculeuse




Restes d'un moulin


Un autre moulin





Les Croix reliant un courant d'énergie, une ligne du monde.

Les Croix reliant un courant d'énergie, une ligne du monde.

mercredi 23 mai 2012

Estella, le tympan de l’église du Saint Sépulcre.



Lorsque le cheminant arrive à Estella, à sa gauche, l'Eglise du Saint Sépulcre...
Commencée à la fin du XIIe, l’Eglise a été achevée au XIVe, mais la nef de l’Epître et la nef centrale se sont plus tard effondrées. Un Christ ressuscité domine les clefs des archivoltes. Sur le portail nous remarquons 6 anges portant les éléments de la Passion. Celui qui est au sommet souffle dans 2 trompettes pour annoncer le triomphe de la Résurrection.
Sur le tympan, 3 frises :
-       Scène de la Crucifixion du Christ avec le bon voleur Dîmas) et le mauvais (Gestas). Ils sont sur les côtés et un peu plus petits que le reste. Deux soldats apparaissent près du Christ : Longin, qui lui perce le flanc de sa lance, et Stephanton, de l’autre coté qui porte l’éponge. L’un représente la conversion, l’autre les Juifs non convertis. Jean et Marie accompagnent Jésus au moment de sa mort.
Deux étoiles illustrent le moment suprême de la mort alors que la nuit se fait. En assumant sa mort le Christ a vaincu les ténèbres et l’obscurité.
-       Scène de la Résurrection du Christ et de la Descente aux Enfers.
A gauche Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Salomé rendent visite au tombeau, un ange les accueille, « Femme pourquoi pleures tu ? ». Trois soldats dorment encore.
La grande gueule ouverte est celle de Léviathan, le monstre apocalyptique qui dévore les âmes. Deux démons gardent l’entrée des enfers, quatre âmes sont sur le point d’être dévorées.
A droite, la rencontre du Christ et de Marie Madeleine après la Résurrection.
-       Dessous, la Scène. « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper…. » On observe Judas penché vers la poitrine de Jésus.
Une frise d’apôtres est disposée à droite et à gauche de la partie supérieure de la façade.
A côté du portail apparaissent les figures d’un évêque et de Saint Jacques et, sur la clef de l’arc de droite, celle du Baptiste revêtu d’une peau de chameau.
A partir de:
 http://www.turismo.navarra.es 











mardi 22 mai 2012

Les Oiseaux, compagnons du Camino!.



A la lecture du roman d’Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com), j’avais été frappé par l’extrême sensibilité de l’héroïne au monde des oiseaux et à sa capacité de description de ce monde que ses pas croisaient, étape après étape. Et cela d’autant plus que l’héroïne a 25 ans ! Pour dire vrai, lors de mon cheminement en Eté 2011, je n’avais surement pas fait assez attention à eux ! Peut-être parce que je marchais trop tôt, et c’était l’Eté !
Je me souviens pourtant de ce rouge gorge qui m’avait accompagné longuement, un matin. C’était entre Cacabelos et la Portela de Valcarce, dans le Bierzo, le lundi 19 septembre. Il était tôt, il faisait froid ! Il me fixait, je le fixais, étrange rencontre ! je lui parlais, il m’étonnait ! je pensais au Petit Prince et au Renard !
Je me souviens aussi de ces petits oiseaux morts sur les bords de route nationale lorsque le chemin se confondait avec l’univers motorisé et ses méfaits.
Cette année, le cheminement de Mai s’est fait par mauvais temps, les oiseaux ont sans doute cherché à se protéger !
J’ai trouvé plaisir à isoler quelques extraits du roman d'Audrey FERRARO relatifs aux oiseaux et j’ai recherché des photos pour apprendre à les reconnaître lorsque cet Eté je reprendrai le Chemin. J’espère que ces images sont assez fidèles à la vision qu’en avait l’auteur.
Dans un premier temps j’ai retenu les étapes entre Saint Jean Pied de Port et Burgos.
Toutes les photos ont été capturées sur le magnifique site : http://www.oiseaux.net/

Le rouge gorge du Bierzo, http://www.oiseaux.net/



Saint Jean Pied de Port – Untto.
Mardi 2 octobre 2001,
… «  Le tintement des clochettes des ovins attire les vautours fauves qui tournoient dans le ciel, à la recherche de leur pitance…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),
Vautour fauve, http://www.oiseaux.net/

Vautour fauve, http://www.oiseaux.net/




Puente la Reina – Estella.

Lundi 8 octobre 2001,
… «  Le trajet d’aujourd’hui témoigne de la fertilité de la vallée de l’Arga. Les vignobles et les terres labourées prisées des tourterelles turques en recherche de semences, composent à présent le paysage…. »
… «  L’inextricable végétation offre un refuge au timide rossignol qui, caché par les roseaux, ose lancer son chant explosif…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),

Rossignol, http://www.oiseaux.net/ 

Rossignol, http://www.oiseaux.net/  

Tourterelles turques, http://www.oiseaux.net/

Tourterelles turques, http://www.oiseaux.net/ 



Los Arcos – Torres del Rio.
Mercredi 10 octobre 2001,
… «  Le vaste paysage de plaines cultivées et légèrement ondulées paraitrait désert sans la présence de bandes de moineaux et d’étourneaux qui, d’une parcelle à l’autre, volent au gré de leurs caprices tandis que depuis les airs, un milan et quelques buses cherchent des sauterelles et des petits lézards…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),

Etourneau, http://www.oiseaux.net/

Etourneau, http://www.oiseaux.net/ 

Milan, http://www.oiseaux.net/

Milan, http://www.oiseaux.net/ 

Moineaux,http://www.oiseaux.net/


Moineaux,http://www.oiseaux.net/


Buse, http://www.oiseaux.net

Buse, http://www.oiseaux.net 

Entre Navarette et Azofra.
12 Octobre 2001,
… Le camino serpente au cœur de canaux d’irrigations et de vignes à perte de vue…
…« Des alouettes huppées reconnaissables à leur silhouette ronde et trapue accompagnent les pèlerins. Leur livrée aux teintes terreuses offre une homochromie parfaite avec le milieu environnant. Sur les chemins poussiéreux, ces cochevis courent devant les marcheurs avant de s’éloigner dans un envol, dévoilant leurs larges ailes et la bordure jaunâtre de leur queue. »…
… « Les étourneaux venant boire en petits groupes aux canaux d’irrigation »…
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),

Alouette huppée, http://www.oiseaux.net/

Alouette huppée, http://www.oiseaux.net/ 

Alouette huppée, http://www.oiseaux.net/

Etourneau, http://www.oiseaux.net/

Etourneau, http://www.oiseaux.net/



Entre Azofra et Redecilla del camino.
Samedi 13 octobre 2001.
… « L’attention se focalise volontiers sur les busards cendrés. Par de rapides battements d’ailes, ils se maintiennent immobiles dans les airs et observent fixement le sol, à l’affut d’un campagnol à emporter au loin dans leur bec acéré…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),

Busard cendré, http://www.oiseaux.net

Busard cendré, http://www.oiseaux.net


Busard cendré, http://www.oiseaux.net 



Entre  Redecilla del camino et San Juan de Ortega.
Dimanche 14 octobre 2001.
… «  Dans le ciel, des vautours gagnent en altitude en volant en spirales. Ils profitent des courants d’air chauds qui s’élèvent du sol pour monter sans trop gaspiller d’énergie…. »
… «  Les masses forestières de ce massif de la province de Burgos sont peuplées de mésanges à tête noire et de sitelles grimpant avec agilité sur les troncs. Par des cris tapageurs, les geais se chargent d’aviser les autres habitants de la forêt de la présence d’un individu…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),
Geai, http://www.oiseaux.net/

Geai, http://www.oiseaux.net/ 


Geai, http://www.oiseaux.net/ 


Mésange, http://www.oiseaux.net/



Mésange, http://www.oiseaux.net/ 


Sitelle, http://www.oiseaux.net/ 


Sitelle, http://www.oiseaux.net/  




Entre  San Juan de Ortega et Burgos.
Lundi 15 octobre 2001.
… » » Les épineux buissons d’aubépines et d’églantiers forment des haies en bordure du Dentier. Ils sont de véritables « garde-manger » pour les pies – grièches qui épient les randonneurs passant à proximité. Sous leur petit air de « bandit masqué » avec ce bandeau noir ornant leurs yeux, ces oiseaux singuliers se comportent comme de véritables bourreaux…. »
Audrey FERRARO, Un amour de Camino, (www.publibook.com),
Pie grièche, http://www.oiseaux.net/

Pie grièche, http://www.oiseaux.net/