mercredi 6 juin 2012

De L’épée… aux Signes, avec Paulo COELHO!


L’épée, Le guide.


Dans l’ouvrage, « O DIARIO DE UM MAGO », « le journal d’un magicien », devenu en traduction française, « le Pèlerin de Compostelle », l’auteur Paulo COELHO subit des épreuves initiatiques pour accéder à un nouveau  degré, un degré supérieur,  d’un ordre d’une société « secrète » renvoyant à un ordre médiéval. Les épreuves se déroulent sur le Chemin de Compostelle, « le postulant » est encadré par un guide nommé Petrus chargé de lui enseigner des exercices et des pratiques, les pratiques dites de RAM (Rigueur, Amour, Miséricorde). Au terme des épreuves, si elles sont victorieusement accomplies, le postulant reçoit en témoignage une épée, gage de son élévation ou exaltation au degré supérieur.
De fait, au terme de ces différents « voyages » l’auteur, Paulo COELHO,  se retrouve transformé !

Au sommet de la montagne, tandis qu’il termine ses voyages,il se retrouve face à une croix et à un agneau égaré.Tandis qu’il regarde le postulant, cet agneau égaré  délivre la solution au questionnement du postulant .

…«  Un agneau égaré a grimpé la montagne et s’est placé entre la croix et moi…. Seigneur, ai-je dit, réussissant enfin à prier. Je ne suis pas cloué sur cette croix, et ne T’y vois pas non plus. Cette croix est vide et elle doit le rester à tout jamais, parce que le temps de la mort est passé, et un dieu maintenant ressuscite en moi. Cette croix était le symbole du pouvoir infini, que nous avons tous, de clouer l’homme et de le mettre à mort. Maintenant ce pouvoir renaît pour la vie, le monde est sauvé, et je suis capable d’accomplir Tes miracles. Parce que j’ai parcouru le chemin des gens ordinaires, et en eux j’ai trouvé Ton secret. Toi aussi, Tu  as parcouru le chemin des gens ordinaires. Tu es venu nous apprendre tout ce dont nous étions capables, et nous n’avons pas voulu l’accepter. Tu nous as montré que le pouvoir et la gloire étaient à la portée de tous, et cette vision soudaine de nos facultés a été trop grande pour nous. Nous t’avons crucifié, non pas parce que nous sommes ingrats envers le fils de Dieu, mais parce que nous avions trop peur d’accepter nos propres difficultés….
… Ce n’est pas un péché que d’être heureux….Parce que j’étais orgueilleux de ma sagesse, Tu m’as fait parcourir  le chemin que tous peuvent parcourir, et découvrir ce que tout le monde saurait s’il prêtait un peu d’attention à la vie. Tu m’as fait voir que la quête du bonheur est personnelle, et qu’il n’y a pas de modèle que nous puissions transmettre aux autres. Avant de découvrir mon épée, j’ai dû découvrir son secret- et il était tellement simple : il suffisait de savoir qu’en faire. Que faire d’elle et du bonheur qu’elle allait représenter pour moi. »

Extrait du Pèlerin de Compostelle, Paulo COELHO, éditions « J’ai Lu », pages 236 et 237.

Le questionnement

Il n’est pas besoin de rituel initiatique réservé à des initiés  pour découvrir les richesses du Chemin. Il suffit de prendre son Chemin, de quitter les limites de son champ avec son bourdon, sa besace et sa calebasse pour aller du Levant au Couchant, de l’Orient à l’occident ! Souffrances physiques, morales, caminothérapie…sont des épreuves que le pèlerin découvre sans l’aide d’un quelconque Guide, fut il de prénom Pétrus !
Le Pèlerin de Compostelle tel que décrit par Paulo COELHO sonne faux. Ce n’est pas un vrai pèlerin ! La preuve,  il n’accomplit même pas les 150 derniers kilomètres, sous prétexte qu’il a retrouvé son épée ! Fasciné par l’occulte, les rites initiatiques, les sociétés ou ordres secrets, il nous met mal à l’aise même si la fin de son parcours nous réconcilie avec lui !

Les signes.

De fait je préfère de loin l’ensemble des questionnements qui animent les acteurs de l’ouvrage d’Audrey FERRARO, « un amour de camino », www.publibook.com.  Ils sont vrais !
Ainsit, dans l’ouvrage figurent plusieurs passages sur lesquels j’aime réfléchir. Ils  accompagnent mes pas le long du chemin.

Ainsi cet extrait tiré de l’étape de Burgos, du mardi 16 octobre 2001.

… « Le hasard n’existe pas. Tout a un sens….Les incidents de la vie ne sont pas des faits distribués par un destin aveugle. Un œil averti y voit des coïncidences significatives….Pourtant, connaître l’importance des « ces coïncidences » enseigne à l’être humain qu’il fait partie d’un plan plus vaste. L’univers peut ainsi répondre à sa conscience et à ses attentes en créant les situations opportunes qui le font progresser. … Rien n’est accidentel. Avec une explication, un imprévu est un fait inconnu qui peut devenir l’occasion d’une découverte plus ou moins importante….Pourtant, à chaque instant l’univers envoie des signes. Avec le développement de la technologie et l’augmentation du stress de la vie moderne, l’Homme se déconnecte de plus en plus de la Terre et de sa sagesse intérieure. En perdant la capacité de déchiffrer les signes qui l’entourent, il est de moins en moins apte à puiser dans son intuition pour les reconnaître. »


C’est vrai que le Chemin favorise l’apprentissage, le réapprentissage du dialogue avec la Nature, avec le soleil, la lune, le monde des étoiles, la terre, l’air, l’eau, le vent, les paysages, les fruits de la nature... Que de couleurs à découvrir et redécouvrir ! Le chemin, par la proximité avec la nature, oblige à l’éveil des sens ou au réveil des sens !
Les cinq sens, le voir, l’entendre, le toucher, le gouter, le sentir, deviennent des outils de connaissance et d’approfondissement.
Alors l’éveil, le réveil, c’est être attentif à la présence et aux propos d’ « un vieux pèlerin espagnol, à la forte odeur » qui dénoue la complexité de la situation dans laquelle se trouvent les 2 héros du roman, parvenus à Burgos… (cf. roman page 110).
C’est aussi, à San Cristovo do Real,  entre Triacastela et Sarria, le regard « d’une fillette aux traits angéliques » qui semble annoncer un bouleversement dans l’existence de l’héroïne…un agneau blanc (référence à Paulo Coelho ?)… un trèfle à quatre feuilles, des fleurs sauvages… autant de signes qui ne sont décelés qu’en étant en éveil ! (cf. roman page 232)
C’est encore à Fisterra près du phare, ce vieux galicien qui, par ses propos, projette l’héroïne dans sa renaissance !… (cf. roman page 297)


… « Toutes ces vertus que le Chemin permet d’expérimenter sont des leçons de vie qui incitent à renouer avec son environnement. Avec la haute technologie, l’être humain vit dans un carcan où tout ce qui n’est pas facilement testable, vérifiable, scientifique ou visible n’est que méfiance. » (Page 110 du roman d’Audrey FERRARO).

En attendant que les pas du  blogger n'atteigne San cristovo de Real, en août prochain, voici des photos de ce humble hameau, lieu essentiel de la relation entre Ester et Frank,( "veux tu devenir ma femme?")
Les photos capturées sur internet sont de Carlos Sieiro del Ni.

Eglise de San Cristovo do Real

Eglise de San Cristovo do Real

La sortie du hameau








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