mardi 17 juillet 2012

L'art de voyager selon Montaigne: la parenthèse de l’Eté 2012.


 

En ce 17 juillet, le cheminant fait une nouvelle pause. Il enlève son sac à dos, qu’il ne reprendra que le lundi 13 août, pour cheminer à nouveau sur les « sentes espagnoles », depuis Burgos vers Compostelle et Fisterra. D’ici là, en famille et avec des amis, il ira randonner dans les Alpes Suisses et abandonnera momentanément ses pérégrinations compostellannes.

En attendant, il se plaît à relire Montaigne et ce qu’il écrivait sur  l’art de voyager.

 

« Le voyager me semble un exercice profitable. L’âme y a une continuelle exercitation à remarquer les choses inconnues et nouvelles ; et je ne sache point meilleure école, comme j’ai dit souvent, à former la vie que de lui proposer incessamment la diversité de tant d’autres vies, fantaisies et usances, et lui faire goûter une si perpétuelle variété de formes de notre nature. Le corps n’y est ni oisif ni travaillé, et cette modérée agitation le met en haleine. Je me tiens à cheval sans démonter, tout coliqueux que je suis, et sans m’y ennuyer, huit et dix heures…
Nulle saison m’est ennemie, que le chaud âpre d’un soleil poignant...  J’aime les pluies et les crottes, comme les canes. La mutation d’air et de climat ne me touche point : tout ciel m’est un. Je ne suis battu que des altérations internes que je produis en moi, et celles-là m’arrivent moins en voyageant.
Je suis malaisé à ébranler ; mais, étant avoyé, je vais tant qu’on veut. J’estrive autant aux petites entreprises qu’aux grandes, et à m’équiper pour faire une journée et visiter un voisin que pour un juste voyage. J’ai appris à faire mes journées à l’espagnole, d’une traite : grandes et raisonnables journées ; et aux extrêmes chaleurs, les passe de nuit, du soleil couchant jusqu’au levant …. »

Cité par Jean Lacouture dans « Montaigne à cheval », collection Points, chapitre 9 du Livre III des Essais.




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