mercredi 19 septembre 2012

Les Pionniers du chemin, le Pèlerin des Eaux, l’historienne, les Passeurs de Lumière.

 «  C’est à l’homme de refaire sa cathédrale ! »
Théodore Monod, « Le Chercheur d’absolu », Le Cherche Midi, éditeur.

Ils ont accompli le pèlerinage de Compostelle entre 1948 et 1990. Ils l’ont accompli depuis 1, 2, n fois et  portent des noms connus pour avoir témoigné, généralement par écrit,  à propos du chemin. Ce sont l’Abbé Bernès, Dominique Paladilhe, Louis Janin, le couple Chauvin, Jacques Vedel, François Préchac, Francis Zapata, Jean Claude et Gisèle Bourlès,…
Le journal, « Le Pèlerin » les qualifie de pionniers ! En les réunissant, à l’occasion du cinquantième anniversaire du départ en pèlerinage de l’Abbé Bernès, le 19 juin 1961, « Le Pèlerin » a permis à chacun de préciser ou repréciser ce que représentait, pour chacun, le chemin !

Voici quelques phrases ou brins de phrases retenus par le cheminant en les écoutant.
« 33 jours, les plus beaux jours de ma vie ! »
«  Ne pas se priver d’une spiritualité et faire le chemin en une seule fois ! »
« En 1948, je voulais faire quelque chose qui apporte quelque chose ! Il n’y avait personne sur les routes. En Espagne, c’était une époque simple, ils n’étaient pas riches mais ils n’étaient pas pauvres, c’était très gai parfois… Je n’avais pas l’impression de faire quelque chose d’extraordinaire ! »
« Je voulais toujours arriver à Saint Jacques, le chemin, je l’ai fait 25 fois, je n’ai pas encore tout compris ! ».
Parlant de la tradition de l’hospitalité en Espagne, « Tu es pèlerin, tu viens chez moi ! ».
« Saint Jacques de Compostelle, c’est tous les matins ! »
« On trouve la joie quand on est débarrassé de l’inutile ! ».
«  On était 8, 5 garçons, 3 filles, plus une jument et une charrette. Les camps de garçons et filles, cela ne se faisait pas, alors le clergé ne nous a pas accueillis. On ne s’est pas vu depuis 50 ans et on se retrouve comme si c’était hier. Le chemin a nourri toute notre vie d’amitié et de confiance ! ».
« Je cherchais mes marques vis-à-vis de Dieu. J’ai compris que la vie surnaturelle commence dès maintenant.   En désespérance, en Auvergne, j’ai lancé un appel à Jacques. Il m’a répondu par l’intermédiaire d’un paysan qui m’a encouragé ! … Saint Jacques fait partie de ma vie !... Il faut que le chemin garde son caractère culturel et cultuel ! Ce serait dommage que ce ne soit qu’un sport ! Je compte sur Saint Jacques pour ouvrir les voies du cœur ! »
« Le chemin ne nous quitte pas ! »
«  On se ressource davantage sur les chemins de caillasse que dans les séminaires de relations humaines. »
« Il y a sur les chemins de pèlerinage quelque chose qu’il n’y a pas sur les autres parcours. Une force ! »

Devant de tels propos, que dirait à son tour, le « premier pionnier » du Chemin, ou plutôt le Pèlerin des Eaux, celui qui est à l’origine… du Chemin ? Celui qui, selon la légende, a parcouru la voie de l’eau, traversé la Méditerranée, passé le détroit de Gibraltar, pour toucher terre à Iria, au terme d’un voyage de 7 jours, sur une barque guidée par la providence divine et les bras de ses disciples parmi lesquels Théodore et Athanase !
Celui qui, après avoir souffert sa passion un 25 mars, fut transporté le 25 juillet à Compostelle avant d’être déposé dans son tombeau un 30 décembre !°

°sources : La Légende de Compostelle, Le Livre de Saint Jacques, (Livre III, Prologue du pape Calixte, page 509 et suivantes), Bernard Gicquel, éditions Tallandier.

Nul ne sait !
Peut-être se retournerait-il vers le regard de l’historienne qui à l’occasion de la commémoration du 1200 ème anniversaire, en 2013, de la découverte de son tombeau ainsi que du début du pèlerinage à Compostelle, recommande de faire le point :
« … Cette année donne l’occasion de faire le point sur cette forme de quête spirituelle, d’en mesurer l’impact sur l’économie, et la mise en valeur du patrimoine. Les chemins pourront également être étudiés comme laboratoire d’expérimentation de nouvelles relations sociales, d’interculturalité, voire même de santé publique. Occasion aussi de procéder à une relecture de l’histoire, intimement liée à la légende, et de reconsidérer la manière de la présenter à ceux qui se mettent en route, ou rêvent de le faire ! »…
Denise Péricard-Méa, chercheur associé au LAMOP, Fondation David Parou Saint Jacques


Quel beau programme !
Nul ne sait ce qu’il dirait !
Peut-être tout simplement, avec tous les autres initiés du Monde, et tous les éléments de la Nature, il continuerait d’observer tous ces Êtres de pas et de poussière, allant vers le couchant, en inspirant en eux une quête incessante : « Continuez d’aller au-delà de vous-mêmes et d’unir matière et esprit, quelles que soient vos croyances ou spiritualités! »
"Restez des passeurs de Lumière!"

On trouvera ci-après des photos d’éléments figurant à la Cathédrale de Santiago ou au Musée de la Cathédrale et relatifs au voyage de Jacques vers Iria,à la Translation de son corps d’Iria à Compostelle (relief en bois de noyer doré de la fin du 16 ème siècle), à Théodomir, l'évêque, découvreur du tombeau avec Pelagius et fondateur de Compostelle ( stèles sur son tombeau).

In verbo, tuo Domine.


La translation du corps de l"Apôtre, en présence de Théodomir



Le Pèlerin des Eaux vers Iria!


Stèle sur le Tombeau de Théodomir

Stèle sur le Tombeau de Théodomir



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