jeudi 6 décembre 2012

Le Livre d'Audrey Ferraro, un signe de plus sur le Chemin.


Jeudi 6 septembre, Fisterra, le voyage s’achève, il est temps de mettre de l'ordre dans la besace pour préparer le retour dans la vie profane! les mains saisissent, rangent, jettent ! soudain, elles attrapent un livre. Alors le regard du pèlerin se porte sur lui et s’attarde car c’est le livre qui l’a accompagné sur « les sentes espagnoles » du Camino! Ses doigts feuillettent les pages. Elles sont souvent raturées, "taguées", annotées, au crayon, au feutre, au stylo! Le livre a souffert au cours du voyage, sali par la poussière du Chemin dont il est pénétré et dont il porte l’odeur! Pourtant, il a été ouvert chaque soir pour approfondir un sujet ou mieux analyser la relation qui nouait les deux personnages principaux du livre! Les yeux du pèlerin cherchaient les mots, les passages qui rendaient le mieux compte des préoccupations ou des sentiments qui l'animaient, au moment  où il essayait de qualifier sa pensée! Le pèlerin  fouillait, picorait dans les pages. Le livre venait l'aider, susciter, initier! C'est toujours avec le même plaisir que les doigts ouvraient, tournaient, retournaient, cornaient, les pages du livre! le livre est devenu témoin, support, guide! le crayon encadrait les mots clés! le feutre coloriait les passages riches de sens! les auto collants marquaient les chapitres jugés importants.
Ce livre, ce roman, est un signe de plus sur le Chemin et à l'image de tous les autres signes, il convient de le déchiffrer pour mieux dénouer les diverses composantes qui l'animent! Et ces composantes se renouvellent à chaque lecture!
Ce livre continuera d'avoir une place particulière lorsque le pèlerin aura retrouvé sa vie de citadin...
Les goélands ou mouettes du port de Fisterra continueront leur vie paisible, le soleil libèrera toujours le même espoir de renaissance et sur la plage du « croissant » la mer apportera sur le sable les réponses des esprits aux messages adressés par les vivants à leurs morts…


Le livre : "Un amour de camino", Audrey FERRARO, éditions Publibook.








mercredi 5 décembre 2012

Nombre et âge des pèlerins en 2011.



1-Pèlerins canadiens, comptez-vous ! 
Les statistiques diffusées par l’accueil pèlerins à Saint Pied de Port (sur le site internet) permettent une analyse du nombre de pèlerins par nationalité entre 2004 et 2011, soit sur les 8 dernières années. Bien sûr, il ne s’agit que des pèlerins qui se font enregistrer au bureau d’accueil ! Ainsi le nombre de pèlerins canadiens est passé de près de 700 en 2004 à plus de 1500 en 2011, il a plus que doublé. Au même moment le nombre total de pèlerins évoluait de 21500 en 2004 à près de 39700 en 2011, soit +84%. La part relative du nombre de pèlerins canadiens dans l’ensemble est désormais de 3.9%, pour 3.2% en 2004.
Les pèlerins canadiens sont la cinquième nationalité la plus fréquente à Saint Jean Pied de Port parmi les 93 qui y sont recensées.

2-Pèlerins espagnols, comptez-vous !

Les statistiques de l’Office du Pèlerin à Santiago permettent de mesurer le poids des pèlerins espagnols dans l’ensemble des pèlerins obtenant la Compostella.
Ainsi, en 2011, avec près de 98000 pèlerins parmi les 183000 qui ont obtenu la Compostella, les pèlerins espagnols représentent sensiblement la moitié du nombre total de pèlerins (53%). Cette part est relativement stable dans le temps, excepté les années jacquaires, 2004 et 2010, où la présence espagnole est beaucoup plus forte (76% en 2004, près de 70% en 2010).
De même, les données de l’accueil pèlerin à Saint Jean Pied de Port révèlent que le nombre de pèlerins espagnols « compostant » à l’accueil est sans rapport avec celui de Santiago. Avec près de 6200 en 2011 à Saint Jean, ce nombre est égal à 6% du nombre de pèlerins espagnols recevant la Compostella à Santiago.
La part relative du nombre de pèlerins espagnols dans l’ensemble observé à Saint Jean varie de 11% à 16% suivant les années (15.6% en 2011) et croît significativement depuis 2009 (10.8% en 2008).

3-Pèlerins, quel âge avez-vous ?

Les statistiques diffusées par l’accueil pèlerins à Saint Jean Pied de Port permettent de nombreux calculs. Ainsi permettent-elles de calculer l’âge moyen des pèlerins. Retenons par exemple que l’âge moyen du pèlerin français est de 53 ans et 8 mois pour l’homme, 53 ans et 2 mois pour la femme. Les pèlerins espagnols sont beaucoup plus jeunes, 42 ans et 9 mois tant pour l’homme que la femme. Rappelons que le nombre de pèlerins français était de 8383 dont 55.4% d’hommes et 44.6% de femmes. Les espagnols étaient 6177 dont 69% des hommes et 31% des femmes.









Le temps de le dire : « Venez nous raconter votre pèlerinage ! »



Ce matin, mercredi 5 décembre 2012, sur RCF, François Xavier Maigre, son épouse, Gaële de la Brosse, Jean Claude Bourles, Yvon Boëlle, et les auditeurs, ont évoqué leur expérience des Chemins de pèlerinage ! J’en ai retenu quelques phrases qui m’ont plus particulièrement intéressé parmi l’ensemble dit dans l’émission. Elles m’accompagneront et m’inciteront à les approfondir au cours des prochaines randonnées. Les voici telles que j’ai cru les entendre.

François Xavier Maigre et son épouse, Pauline, parlant de leur pèlerinage au Mont Saint Michel (cf Sur la Trace de l’archange, éditions Bayard) :
«  Ce pèlerinage a été une expérience d’hospitalité profonde : aller à la rencontre des gens, marcher, être au grand air, écrire aux paroisses, frapper aux portes des fermes… »
«  Retrouver ce qui relève de l’ordre de l’enfance ou de l’école buissonnière, se laisser porter par le hasard, vivre un moment de bonheur en famille, respecter un cadre nécessaire de par la présence des enfants mais avoir une grande liberté ».
« Investir une spiritualité plus instinctive, plus contemplative, à travers les rencontres et redécouvrir le message de l’Evangile ».
« Avec 2 enfants, le pèlerinage n’est pas inconscient : il n’y avait rien de mieux que de passer un mois « non-stop » avec eux »
« Le chemin était notre pèlerinage, ce sont les rencontres nouées sur le chemin qui nous ont fait avancer. Ce voyage, on l’a fait grâce aux gens, grâce à la rencontre. Dans la vie, la rencontre nous fait avancer. »
« Il existe « le Frisson des départs » mais aussi « la Nostalgie de l’arrivée », cette espèce de « blues » amplifiée au Mont Saint Michel par l’oppression liée à l’exiguïté du lieu. »
«  J’ai du mal à identifier en quoi je suis devenue plus forte mais notre cellule familiale, par les rencontres, l’est devenue. »
«  Des clins d’œil, on en a eu tous les jours. Sur le Chemin, il y a plein de connexions qui s’établissent. »

Gaële de la Brosse, évoquant son expérience (cf par exemple « Voyageuses » ouvrage paru en 2012 aux éditions Livres du Monde, Tro Breiz, les chemins du paradis, pèlerinage des sept saints de Bretagne, aux éditions Presses de la Renaissance, …):
«  Le Chemin de Saint Jacques est la projection de la voie lactée au sol. C’est de la symbolique »
«  Le Chemin est synchronicité, on suit son chemin, on se laisse guider par la Providence, par le hasard.» 
«  Sur le Chemin, on expérimente la spiritualité de la route, on prie avec ses pieds, on subit une « caminothérapie ». Marcher unifie corps et esprit et nous relie à quelque chose de supérieur. »
« Sur le Chemin, on se fortifie par l’épreuve. Cela nous révèle le sens de la vie, la direction et le but .Il permet d’incarner cette philosophie dans la vie de tous les jours. Les souffrances, les joies, la maladie ont un sens. Il faut le voir dans la linéarité de notre vie. »
« Le chemin, c’est retrouver des valeurs (hospitalité, solidarité, fraternité, goût de l’effort) nécessaires à la vie. »
«  Il faut laisser les chemins de pèlerinage ouverts à tous mais ces chemins ne sont pas que des chemins de randonnée, ils ne doivent pas être banalisés. »

Jean Claude Bourles, l’écrivain des « Frissons du départ » témoignant de sa longue expérience et de son dernier cheminement en Dordogne :
«  Marcher pour approcher la France rurale et les villages, les lieux habités, à pied. Découvrir avec émotion. La grande chance, avoir du temps pour trainer, se pénétrer des lieux… »
«  Sur le chemin, il n’y a rien de prévu, le pèlerin se met à la Mercy de Dieu.»
«  Avec la beauté absolue de la nature et l’omniprésence du Saint se fait la spiritualité. » (parlant du Chemin de Saint Jean François Régis)
«  Le pèlerin est un solitaire qui marche dans la solitude. »
« Marcher de nuit, une marche extraordinaire. »
Yvon Boelle, le photographe des « Frissons du départ », éditions Salvator :
«  Avec le « Frisson des départs » j’ai fait le choix d’images où l’esprit souffle. La photographie est pour moi le moteur de la marche. Elle est un lieu, un site, une lumière, une rencontre avec un marcheur, un pèlerin. Ma plus grande récompense, c’est de rencontrer des personnes qui me disent : c’est grâce à votre livre que je suis parti vers Compostelle. »