vendredi 31 mai 2013

Quitter quelques instants le Chemin d'Arles... pour cheminer autour du Lac de Salagou!

A deux pas du Chemin d'Arles, entre Lodève et Bédarieux, en Hérault, le Lac du Salagou, tout prés de Clermont l'Hérault!
Faire quelques pas en dehors du Chemin et y cheminer à Pentecôte 2013...


Le Lac du Salagou.

Le Lac du Salagou.



Le Lac du Salagou.



Le Lac du Salagou.



Le Lac du Salagou.


Le Lac du Salagou.



Le Lac du Salagou.

jeudi 30 mai 2013

Les fleurs de mai sur le Chemin d’Arles et le Camino del Levante.

En ce mois de Mai, 2 pèlerins, Geneviève Chevet et Pierre Louis Blaix, ont entamé de longues marches. Geneviève marche sur le Chemin d’Arles, entre Arles et Toulouse. Pierre Louis est sur le Camino du Levant, qu’il a démarré à Valencia, avec pour objectif Muxia, en Galice (environ 1300kms).
Tous deux, en publiant des photos de leur cheminement, sur « Cheminer », groupe Facebook, ont associé les membres du Groupe à leur pèlerinage.
Voici 2 méli-mélo de fleurs de mai établis à partir des envois de chacun d’eux, l’un relatif aux fleurs du Chemin d’Arles, l’autre aux fleurs du Camino del Levante.

Les fleurs de mai sur le Camino du Levant

Les fleurs de mai sur le Chemin d'Arles

vendredi 24 mai 2013

Cheminer avec le Diable, sur la voie d’Arles.


Si l’on en croit les « cheminants » de Mai 2013, sur la voie d’Arles, le chemin côtoierait le Diable en plusieurs endroits… Ils viennent récemment de nous en faire connaître deux à travers le groupe « Cheminer » sur Facebook.
D’abord Vauvert, entre Arles et Montpellier, « lieu de passage pour les pèlerins, où pour les distraire, on donnait des représentations sur le parvis de l’Eglise appelées diableries et qui mettaient en scène des démons. Le terme « au diable Vauvert » qui désigne un lieu particulièrement éloigné vient de là. » Extrait du blog de Geneviève Chevet (http://gillesetgenevievecompostelle2012.over-blog.com/).
Ensuite, le pont du Diable en est un autre, permettant de franchir, l’Hérault. «  Ce vieux pont du XI ème siècle a résisté aux crues de l’Hérault et à l’insouciance des hommes : il reliait les abbayes voisines d’Aniane et Gellone et le pèlerin qui l’empruntait avait l’impression de quitter un monde pour s’enfoncer dans la montagne environnante, couverte d’une végétation semi-aride. »
Au pont est associée une légende.
« Chaque nuit, le diable réduisait à néant les travaux effectués par les deux abbayes d’Aniane et de Gellone. Guilhem fut amené à pactiser avec ce dernier ; il lui fut promis l’âme de la première créature qui franchirait le Pont s’il cessait son œuvre destructrice. Pour récompense, on lui envoya un pauvre chien à la queue duquel était attachée une casserole. Fou de rage, le Diable tenta de détruire le Pont, mais en vain. Par dépit, il se jeta dans le fleuve. »
Le Pont du Diable sur l'Hérault.

Le pont du Diable et les deux autres ouvrages sur l'Hérault.

Le pont du Diable sur l'Hérault.

jeudi 23 mai 2013

Pentecôte 2013 sur les Chemins de Saint Guilhem Le désert !



« En qualifiant de « désert » ce territoire, Guilhem faisait allusion à l’absence de l’homme et non de la végétation. Après avoir franchi les gorges de l’Hérault, Il décida de s’établir sur les bords du « Verdus », au cœur d’une Nature faite de roches rudes et d’eau pure. Trouvant ici son salut pour se ressourcer spirituellement, il fît de cette combe un haut lieu spirituel, un sanctuaire. Ce site dissimulé dans un massif rocheux imposant a aujourd’hui une renommée mondiale. »
Ci-après des photos du Chemin prises sur le GR74 en montant vers l’Ermitage Notre Dame de Belle Grâce ou de Lieu Plaisant, le cap du Ginestet… 





La porte Nord de Saint Guilhem

jeudi 16 mai 2013

Pluie et Orage sur les Chemins de Compostelle( Olivier Lemire, Pierre de Lune, Audrey Ferraro).



Les témoignages actuels de divers pèlerins rendent compte, en cette mi-mai 2013, de l’arrivée de la pluie sur les Chemins de Compostelle. Ils m’ont donné l’idée de retrouver dans mes lectures des passages liés à la pluie  ou à l’orage.

D’abord dans  l’ouvrage d’Olivier Lemire, « l’esprit du Chemin », le passage consacré à la pluie, lors de l’arrivée de l’auteur dans la vallée du bonheur (Saint Sauveur Camprieu, Gard) :

La pluie sur le Chemin, « l’épisode cévenol »:


« D’abord une bruine légère et presque agréable, rafraîchissant le visage et maintenant en éveil ; puis une chute régulière, fruit d’un ciel gris et uniforme, sans souci du spectacle ni intention de nuire ; ensuite un rideau dense de gouttes plus grosses, qui chasse l’humour et fait hâter le pas ; et enfin un déluge permanent venu du sud, poussé par des nuées coléreuses, striées d’éclairs intempestifs et nerveux, capables de faire du marcheur une chose si ténue qu’il disparaît dans un paysage démesuré. Et c’est finalement un rideau ininterrompu, qui transforme le ciel en ténèbres, et porte à en finir au plus vite. Il s’agit désormais de sauver sa peau. »

Voici ensuite comment Pierre de Lune, dans « Tous les matins, nous prenons le Chemin… » (Éditions Lulu) parle d’un fameux orage, le 9 mai 2010, vers Arthez de Béarn :

L’orage sur le Chemin, « l’épisode béarnais ».

«  L’orage qui fond sur nous à toute vitesse, va nous obliger à faire le dos rond, car nous sommes encore à deux kilomètres d’Uzan. C’est une vision de fin du monde, le ciel semble toucher la terre, les éclairs zèbrent le ciel jusqu’au sol et je considère, un instant avec inquiétude, mes bâtons de marche en aluminium, me demandant si je dois m’en séparer ? Non seulement il pleut très fort, mais le vent souffle, soulevant nos capes. Je suis mouillé presque jusqu’à la taille. De temps en temps, un grand claquement de tonnerre nous fait rentrer la tête dans les épaules, mais nous continuons néanmoins à progresser. Les Pyrénées, si belles il y a deux heures, ont disparu, avalées par la tourmente…. »

Voici comment Audrey Ferraro, dans « un amour de camino » (éditions Publibook) raconte la pluie violente apparue lors de l’étape Burgos-Hontanas, le mercredi 17 octobre 2001.

L’odeur de l’herbe et des champs entre Burgos et Hontanas :

… « Des nuages noirs s’invitent dans le paysage où alternent endroits dénudés, champs cultivés et pâturages….Un fort vent de face balaye les environs et durcit la marche. Le pénible chemin caillouteux s’engouffre dans la vallée de San Bol…La pluie commence à tomber. Ester enfile son poncho et un pantalon de pluie par-dessus le short. L’averse redouble d’intensité dans cette lande jalonnée de monticules de pierres, de champs cultivés, de pâturages et de quelques chênes nains. Face à elle-même et aux éléments naturels qui se déchaînent, c’est la première fois que la jeune femme ressent une telle symbiose avec le Chemin de Compostelle.
Cela fait maintenant deux heures que des trombes d’eau s’abattent sur son poncho. Prise entre le ciel et la campagne de Castille, la pèlerine fait corps avec le Chemin…. Au terme d’une descente hasardeuse, Hontanas apparaît enfin dans un repli de terrain. Après trente kilomètres d’efforts, Ester puise dans ses dernières forces. Pourtant, elle regrette déjà la symbiose avec la nature, le silence, la pluie et puis l’odeur de l’herbe et des champs, amplifiée par l’humidité »….

Photos prises entre Hornillos del camino et Hontanas, août 2012.

Entre Hornillos del camino et Hontanas.

L'arrivée à Hontanas.

mercredi 15 mai 2013

Jendia, jendé. Tout homme est homme, par Laurence Lacour.


«  L’un des grands intérêts du Chemin est de libérer les individus qui l’empruntent. Libération par rapport à la condition sociale pour beaucoup, à l’église pour certains. Il n’y a pas de condition sociale sur le Chemin. C’est un passage libérateur car rien n’asservit l’homme qui marche. Plus on sort de soi (le soi de la culture, de l’éducation, de la famille, de la société, etc.) et plus l’on devient soi-même. Plus on allège son sac-sa vie- pour ne garder que l’essentiel et mieux l’on avance. »

Extrait de l’ouvrage de Laurence Lacour, « Jendia, jendé. Tout homme est homme. » éditions Bayard 2003.

mardi 14 mai 2013

Après Jean Christophe et Jean Pierre, voici … Axel !



L’un est médecin, écrivain, académicien, ancien ambassadeur. L’autre est homme politique, sénateur, ancien premier ministre du président Jacques CHIRAC.
Après Jean Christophe RUFIN (camino del Norte, mai-juin 2011) et Jean Pierre RAFFARIN (fin du camino francès en ce mois de mai 2013), voici un autre médecin, généticien, aujourd’hui, sur les chemins : Axel KAHN.
Axel KAHN est actuellement quelque part dans la trouée verte de la Meuse. Son intention : traverser la France entre les Ardennes et le Sud-Ouest. Invité «  en direct » de France Inter, dans l’émission Interactiv’, entre 8h40’ et 9h, le vendredi 10 mai, voici quelques propos que je crois avoir entendu de sa bouche :
« Le chemin, c’est son but. Le but c’est de prendre le chemin, c’est d’oser. Ce n’est pas là où il mène. Oser partir est plus important que là où l’on va….
… La première chose que je cherche, c’est un contact sans intermédiaire avec une beauté, la beauté de la nature. Il n’y pas pas d’humanité sans beauté. Or, la beauté a été un peu évincée des projets de société.
… Je suis un humaniste profondément. Si vraiment j’arrive à être transformé, j’ai l’intention de partager. Partager ce en quoi j’ai été transformé, modifié, par exemple par les réseaux sociaux (tweeter, billets, site internet…) Quand je marche, je suis seul, je refuse absolument d’être accompagné. En revanche, à l’arrivée des étapes, par les réseaux sociaux et les conférences que je donne en route, j’essaye de partager. »
Jean Christophe RUFIN était aussi l’invité de l’émission. J’en ai retenu quelques interventions :
«  Le chemin est une longue suite de lieux spirituels. On le sent très bien quand on marche. Les éthiopiens disent qu’il y a 2 sortes d’esprit : les esprits qui habitent les personnes et les esprits qui habitent les lieux. »
«  Le chemin, c’est une spiritualité post moderne. Chacun apporte sa spiritualité sur un chemin qui lui n’a pas changé mais accueille tout le monde. »
«  Je ne cherchais rien, je l’ai trouvé. Ce n’est pas le même rien. J’ai trouvé une sorte de rien intérieur qui m’a enrichi. »

lundi 13 mai 2013

Le jacquet du quai conti sur le camino del norte.



Ou comment Marianne Payot, du journal L’express, parle de l’ouvrage de JC Rufin.
« Marcher en compagnie du pèlerin Rufin, d'Hendaye à Compostelle (par le chemin du Nord, plus difficile et moins fréquenté que le Camino francès), est un enchantement. Pas une seconde d'ennui tout au long de ces 900 kilomètres et 270 pages, où l'on assiste à la mutation de l'académicien-ambassadeur en clochard céleste. Après une semaine de grande solitude (détestant les chambrées bruyantes, l'homme dort sous une petite tente) et d'ampoules aux pieds mortifères, notre Jacquouille change de chaussures, croise quelques individus pittoresques et connaît des moments de pure extase. Frugalité, vulnérabilité, dépouillement, autant d'états que frère Jean-Christophe (élevé dans la tradition chrétienne) savoure, "délivré des tourments de la pensée et du désir", au fur et à mesure de ce pèlerinage qualifié de "bouddhiste". "Je ne cherchais rien et je l'ai trouvé", écrit-il joliment au terme de ce vade-mecum du pèlerin témoin. Qui devrait rester dans les annales du genre, tant par son humour que par ses qualités stylistiques. »  Marianne Payot.



dimanche 12 mai 2013

Cheminer avec … les deux Jean !



Non, il ne s’agit pas de Jean le baptiseur et de Jean l’évangéliste ! il s’agit de M Jean Christophe RUFIN et de M Jean Pierre RAFFARIN !
On connaît l’immortelle randonnée de l’un, voici ce qu’écrit M Jean Pierre RAFFARIN, à son arrivée à Compostelle, en ce mois de Mai 2013 !
« Une semaine de vacances parlementaires passée sur le chemin de Saint Jacques. L’arrivée en Galice annonce maintenant la destination finale, sept ans après le départ du Puy-en-Velay. La joie du finistère et l’inquiétude de la fin se mêlent comme les vagues de l’Océan.
  • 1650 km à pieds, pourquoi ?
Parce que la marche est le meilleur ennemi de la peur. Peur de la longueur, peur de la profondeur, peur de ne pas être à la hauteur, peur de l’ennui, peur du monde, peur des rencontres, peur de la Rencontre, peur des ruptures…
« Notre vie est une marche », c’est une bonne réponse.
La marche est personnelle sans être solitaire, elle est communicante sans être bavarde, elle peut être douloureuse et aussi joyeuse, elle est physique et spirituelle, elle exige mais elle donne, elle réconcilie le pas avec l’horizon, elle rassure plus qu’elle n’inquiète, elle est équilibre, elle transforme le randonneur en Pèlerin, elle rappelle que l’Espagne est aussi atlantique…
Le Pèlerin arrive en Galice, face au vent, en vue de Saint-Jacques… en Paix avec lui-même et avec l’autre, celui, visible ou invisible, qui marche à côté de lui. Il a appris la confiance. Cela ressemble plus à la conquête d’une « assurance » qu’à l’affirmation d’une performance. Ultreia. »
jpr

Photos empruntées à Geneviève Chevet sur le Chemin d'Arles, Mai 2013.







mardi 7 mai 2013

El camino ignaciano, avec Gilles Donada.


Cheminer sur le chemin Ignatien, entre Azpeitia et Manresa, du Pays Basque à la Catalogne, en 27-28 étapes, sur 650 kms, et peut être découvrir « l’illumination intérieure », par Gilles Donada, sur le Blog des marcheurs,


Images del camino del Levante, prises en mai 2013,entre Valence et Albacete, empruntées à Pierre Louis BLAIX.





lundi 6 mai 2013

Le Camino del Norte, vu par JC RUFIN, « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi. »

Notes prises en écoutant l’interview de JC RUFIN par Claire CHAZAL sur Radio classique, le 20/04/2013.

« Ce n’était pas un rêve, j’ai eu besoin de faire une coupure, de m’abstraire ! Dès lors que l’on touche à cette affaire-là, c’est un virus, le chemin vous conduit vers lui, vous pousse, vous tire. Ce diable de chemin, c’est un peu sacrilège, a un côté diabolique ! Même si on en a marre, il vous happe, il n’est alors plus question de ne pas aller au bout! »
«  Marcher tous les jours pendant 30 à 40 kms, une espèce de monotonie apparente mais qui recouvre une diversité, on s’ouvre à cette diversité. »
«  J’avais passé 3 années un peu artificielles. L’ambassadeur de France au Sénégal, c’est un peu le Reine d’Angleterre. »
« Le chemin c’est se déprendre d’un certain nombre de charges, l’acceptation du dépouillement, la réconciliation avec soi-même. Au lieu de subir, on s’accorde. »
«  Je ne prenais pas de notes. Le travail de la mémoire est un travail créatif et affectif. Les notes ne servent à rien. On retrouve les choses importantes, et avec les guides, tout revient. »
« Sur les 800 kms d’Hendaye à Compostelle, le paysage n’est pas là pour faire plaisir au pèlerin. Il est la vie, comme le chemin. Le subir fait partie de l’épreuve. Ce qui m’a le plus séduit c’est le Pays basque qui s’est protégé du boom immobilier. Mais des villages se vident, des lotissements n’ont pas de clientèle, en marchant aux pas, on s’imprègne, c’est la vie, c’est un peu la mort aussi, c’est très poétique, j’ai beaucoup aimé.»
«  Chaque jour on porte sur le dos, dans le sac, la mochilla, notre monde, notre vie. Le choix des éléments transportés renvoie à des choses très profondes. Chacun réagit avec ses peurs : le poids concentre les peurs. On finit par ne plus avoir que l’essentiel. C’est une forme de clochardisation sociale (elle se fait en groupes et donc elle a des limites). Elle se poursuit après le retour. Le pèlerin vide les choses superflues même dans sa vie. »
« Si c’est possible, il faut faire ce chemin le plus long possible dans la continuité, seul. Car il y a des transformations qui s’opèrent et qui ne peuvent pas se produire autrement. »
« La solitude ne m’a pas pesé, elle aide à porter le sac à dos. »
« Avec le détachement, on communique différemment : c’est un peu benêt, on est un peu stupide, il y a une facilité, un naturel, mais c’est assez superficiel aussi, à l’image de 2 sangliers qui se rencontrent dans une forêt. Mais il y a aussi de vraies rencontres sur le camino del Norte. »
«  La première semaine le corps parasite la pensée. Où vais-je bouffer ? Quid de cette ampoule ? Où vais-je trouver de l’eau ? Puis, je me raccroche aux Eglises, aux monastères. Mais on touche aussi à l’overdose. Il y a alors le détachement. On se rend compte que ce n’est pas nécessaire de penser en permanence. Le pèlerinage a un côté bouddhiste dans son essence. Il vous prépare, vous rend perméable à un approfondissement spirituel, qui se fait en fonction de vos croyances. Ce n’est pas un chemin de Damas. »
«  Le chemin allait me convaincre, pour ne pas dire me vaincre. Cela m’a aidé à me satisfaire d’avoir une seule vie. C’est une sorte d’apaisement par rapport à soi-même. Vous n’avez qu’un chemin, vous devez accepter son terme, il n’y a qu’une vie. On revoit, on revit les choses et on les accepte surtout.
«  Cela me permet de résister à la tentation. Je suis plus exigent. Je ne veux plus être en représentation. Est- ce que j’ai envie de mettre ça dans un sac à dos ! Comment remplir son sac à dos ? »


samedi 4 mai 2013

Audrey FERRARO parle de son roman, « un amour de camino » à la radio.



Prises de notes pendant son interview à Radio Boomerang le samedi 27/04/2013.

« « Un amour de Camino » est un roman à 3 niveaux de lecture, le pèlerinage lui-même, l’histoire d’amour entre Frank et Ester, un niveau d’introspection enfin.
Pourquoi faire le Camino ? L’influence de Paulo Coelho, un auteur qui me fascinait et que j’ai rencontré, mon diplôme Infocom, ce serait ma récompense.
La préparation a été éphémère. Les évènements du 11/09/2001 ont retardé mon départ mais dès le début d’octobre, lors de mon départ j’ai compris que cela ne s’improvisait pas. J’étais face aux Pyrénées. Je suis entré dans le vif du sujet, 800 kms, 34 jours de marche. Ce n’est pas une promenade de santé. Pourquoi suis-je là ? Pourquoi je souffre, le lendemain, on repart, on affronte les difficultés. Compostelle, ça se mérite ! On doute tous les jours.
Les vrais pèlerins ce sont ceux qui portent leurs 15 kgs au quotidien, qui le font hors été. On part randonneur, on devient pèlerin !
Je me rappelle une étape où j’ai affronté la grêle. Le chemin est une remise en question, il permet de relativiser certains problèmes, alors que le monde est marqué par le confort, la technologie, beaucoup d’assistance. Sur le chemin chacun garde son petit secret du pourquoi de sa présence sur le chemin (un deuil, une remise en question personnelle ou professionnelle…).
Le titre du roman a un double sens. Un amour entre Frank et Ester, 1 jeune étudiante lilloise, 2 personnes qui se rejoignent sur le chemin, se découvrent peu à peu. Un amour pour le chemin, aussi, à travers tout ce qu’il apporte, l’énergie au-delà de la souffrance.

On rencontre beaucoup de pèlerins, de profils différents. C’est une dimension qui n’est pas palpable, on y pense toujours, à ce chemin. Sur le chemin on est tous différents mais tous pareils. Le chemin permet de se poser dans sa vie, de se poser les vraies questions. C’est une chance de pouvoir couper son portable, c’est une richesse.
Au retour c’est très difficile, c’est un retour vers la ville, la pollution, les nuisances, alors que le chemin est calme et nature. J’ai l’expérience de pèlerins qui n’ont pu revenir !
« Je remercie la vie de m’avoir permis de faire le chemin, assez jeune. Désormais, je relativise, je prends du recul.
Aujourd’hui pour me ressourcer je m’isole, je marche quand il fait noir, j’écoute la nature, le hibou. Je me ressource aussi par l’écriture.
Peut - être irai je à nouveau sur le chemin, peut - être par la voie côtière ou la voie de la Plata ! Ce ne sera plus le camino francès, je ne veux pas altérer la magie de ce chemin qui est en moi !
J’ai des idées d’écriture, peut être une suite à ce Chemin de Compostelle ou alors un récit d’évènements tragiques à partir de témoignages. »




jeudi 2 mai 2013

Statistiques de pèlerins à Santiago au premier quadrimestre 2013.



En ce début Mai, le Bureau des pèlerins de Santiago vient de publier les chiffres pour le premier quadrimestre 2013.
On apprend ainsi que ce sont près de 21000 pèlerins qui ont retiré la Compostela au cours des 4 premiers mois, soit près de +4% par rapport à 2012.
Le nombre de pèlerins  été de 805 en janvier, 1382 en Février, 7229 en Mars, 11533 en Avril.
De tels chiffres permettent d’espérer de 23 à 24000 pèlerins pour Mai 2013 !





Don Quichotte et les moulins à vent du camino del Levante.


Extrait de l’ouvrage de Cervantès, chapitre VIII

 « Du beau succès que le valeureux don Quichotte dans l'épouvantable et inimaginable aventure des moulins à vent, avec d'autres évènements dignes d'heureuse souvenance.
En ce moment ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a dans cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer :
—La fortune conduit nos affaires mieux que ne pourrait y réussir notre désir même. Regarde, ami Sancho ; voilà devant nous au moins trente démesurés géants, auxquels je pense livrer bataille et ôter la vie à tous tant qu'ils sont. Avec leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir ; car c'est prise de bonne guerre, et c'est grandement servir Dieu que de faire disparaître si mauvaise engeance de la face de la terre.
—Quels géants ? demanda Sancho Panza.
— Ceux que tu vois là-bas, lui répondit son maître, avec leurs grands bras, car il y en a qui les ont de presque deux lieues de long.
—Prenez donc garde, répliqua Sancho, ce que nous voyons là-bas ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui paraît leurs bras, ce sont leurs ailes, lesquelles, tournées par le vent, font tourner à leur tour la meule du moulin.
—On voit bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas expert en fait d'aventures : ce sont des géants, te dis-je et, si tu as peur, ôte-toi de là et va te mettre en oraison pendant que je leur livrerai une inégale et terrible bataille.
      En parlant ainsi, il donna de l'éperon à son cheval Rossinante, sans prendre garde aux avis de son écuyer Sancho, qui lui criait qu'à coup sûr c'était des moulins à vent et non des géants qu'il allait attaquer. Pour lui, il s'était si bien mis dans la tête que c'était des géants que non seulement il n'entendait point les cris de son écuyer Sancho, mais qu'il ne parvenait pas, même en approchant tout près, à reconnaître la vérité. Au contraire, et tout en courant, il disait à grands cris :
—Ne fuyez pas lâches et viles créatures, c'est un seul chevalier qui vous attaque !
      Un peu de vent s'étant alors levé, les grandes ailes de ces moulins commencèrent à se mouvoir, ce que voyant don Quichotte, il s'écria :
—Quand même vous remueriez plus de bras que le géant de Briarée : vous allez me le payer.

En disant ces mots, il se recommanda du profond de son cœur à sa dame Dulcinée, la priant de le secourir en un tel péril ; puis, bien couvert de son écu, et la lance en arrêt, il se précipita au plus grand galop de Rossinante, contre le premier moulin qui était devant lui ; mais au moment où il perçait l'aile d'un grand coup de lance, le vent la chassa avec une telle furie qu'elle mit la lance en pièces et qu'elle emporta après elle le cheval et le chevalier, qui s'en alla rouler un bon dans la poussière en fort mauvais état.

Sancho Panza accourut à son secours de tout le trot de son âne et trouva en arrivant près de lui qu'il ne pouvait plus remuer tant le coup et la chute avaient été rudes.
—Miséricorde ! s'écria Sancho ; n'avais-je pas bien dit à Votre Grâce qu'elle prît garde à ce qu'elle faisait, que ce n'était pas autre chose que des moulins à vent ?
—Paix, paix ! ami Sancho, répondit Don Quichotte, les choses de la guerre sont plus que d'autres sujettes à des chances continuelles ; d'autant plus que je pense, que ce sage Freston, qui m'a volé les livres et mon cabinet, a changé ces géants en moulins pour m'enlever la gloire de les vaincre : tant est grande l'inimitié qu'il me porte ! Mais, en fin de compte son art maudit ne prévaudra pas contre la bonté de mon épée.
—Dieu le veuille, comme il le peut, répondit Sancho Panza ;
et il aida son maître à remonter sur Rossinante qui avait les épaules à demi déboîtées. »
Traduction française de Louis Viardot.
Ci - après des représentations de Don Quichotte par Salvador Dali, par Picasso (1955, 350ème anniversaire de la publication de la première partie du roman de Cervantès) et par Honoré Daumier ( 1870).

DALI




PICASSO



DAUMIER



DALI