Audrey FERRARO était l’invitée du Club de la Presse de
Lille, début juillet 2013. Répondant aux questions de l’animateur Hervé Leroy,
elle a commenté certains aspects de son roman
"Compostelle :Un amour de Camino"
8 juin 2022
979-8835119219
Voici quelques éléments de résumé qui bien évidemment
n’engagent que moi !
« Entre 2001 et 2011, le chemin ne m’a jamais quittée. En
2001, J’ai découvert quelque chose, une aventure extraordinaire, qui m’a fait
réfléchir sur moi-même. Le chemin m’a nourrie par rapport aux questionnements de
la vie.
J’avais envie de goûter l’aventure après les études, prendre
mon sac et partir, sortir mon nez des cahiers. J’avais rencontré Paulo Coelho°
(« l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires »).
De fait, on a diverses raisons de partir (effectuer un
retour sur soi, surpasser un deuil, une souffrance, se remettre en question,
choisir une autre voie, faire une coupure…) mais, une fois sur le chemin, le
chemin fait le reste !
Etait-ce un Rite de
passage à accomplir ? au début non, puis oui !
Le chemin m’a changée : c’est avec le recul qu’on
l’apprend.
D’abord il faut savoir revenir du chemin car après avoir
quitté 34 jours les sentiers battus de la vie ordinaire, quand on revient ça
fait un peu bizarre, on est un peu perturbé, on se demande où est vraiment
l’importance dans la vie. Et même si on n’a pas les réponses car ce n’est pas
forcément le but premier, on a un questionnement qui nous nourrit au cours des
années, au cours des mois. Et quand on a une épreuve de la vie, le chemin se
rappelle à nous°°.
J’ai eu des réponses à mes questions ! j’ai eu aussi la
chance de faire le chemin, jeune !
Marcher cela s’apprend, il faut 8-10 jours pour être dans
l’ambiance du randonneur puis pèlerin, le « déformatage » prend du
temps. Marcher, on souffre, qu’est-ce qu’on fait là ? Marcher, revenir à
la vitesse de l’humain. Revenir sur soi, méditer ! avoir conscience de ce
que l’on fait dans le moment présent.
Marcher, méditer, écrire le soir quand le corps est
reposé !
Plus tard j’ai eu envie de mettre au propre mes notes et
progressivement, je suis passée du carnet de voyages à un roman, à une intrigue :
le « Je » s’est dissous dans le « Il ou Elle ». Je suis
devenue esclave de mes personnages Ester et Frank, qui m’ont amenée de nouveau
sur le chemin. J’ai vécu une nouvelle souffrance, intellectuelle.
Mais, je voulais redonner un peu de la magie de Compostelle
qui m’a été donnée !
Remarques :
Au cours de l’interview l’animateur a lu quelques extraits
du livre relatifs à ce qu’il appelle l’enracinement du récit dans le concret et
plus précisément dans le « charnel ». Ainsi il a lu des extraits sur
la description des saveurs gastronomiques des différents menus goûtés sur le
chemin. Il a aussi lu des passages décrivant l’amour physique entre les deux
héros. Selon lui, « le chemin est spirituel et enraciné ».
Ce même animateur a noté en tout début d’interview qu’à
« la fin du livre, il y a un basculement qui fait la réussite du
livre. » Mais ce basculement n’est-il pas… la découverte du Sens du
chemin et la preuve que l’héroïne vient bien d’accomplir un Rite de
passage… On pourrait écrire beaucoup sur le Sens de cette fin de Livre, ô
combien porteuse de symboles …
L’animateur a aussi souvent fait référence à JP RUFIN et à
son dernier ouvrage pour établir parfois des parallèles.
Enfin, au terme de l’interview, il ne saura pas si Frank, le
héros du livre, existe dans la tête de l’auteur ou bien dans le réel. Il ne
saura pas plus si le chemin est un « lieu de drague ». Mais est-ce
bien important ?
° En mars 1998, l’auteur rencontre Paulo Coelho à Lille qui
raconte son expérience à travers « le Pèlerin de Compostelle »
(« compréhension du mystère de la vie, épreuves, quête
spirituelle »…). L’auteur a été fasciné et trouva « alors la
direction de son escapade future ».
Paulo Coelho écrit dans « le Pèlerin de
Compostelle » : « J’ai compris ce que cette expérience m’avait
apporté. Aujourd’hui cette compréhension est ce que je possède de plus
précieux : l’extraordinaire se trouve sur le chemin des gens ordinaires.
Elle me permet de courir tous les risques pour aller au bout de ce en quoi je
crois. »
°° Page 274 du roman, on peut lire : « En
choisissant d’accomplir le camino, l’homme qui se mue peu à peu en pèlerin
devient le maillon d’une grande chaîne, celle du Chemin des Etoiles où tant de
gens ont marché avant lui et que d’autres emprunteront après. Ce dénominateur
commun à tout pèlerin de Compostelle est une force pérenne sur laquelle il
pourra se reposer, lorsque les turpitudes du quotidien lui joueront un mauvais
tour… »
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