samedi 28 mars 2020

Josuah REY dédie un poème aux soignant(e)s contre le coronavirus,ce 28/03/2020.


Une sœur pèlerine du Chemin, Josuah REY, née poète, auteure de « Mon Chemin de Compostelle, Verdurlure et Carabistouilles » s’adresse aux « gardiens et gardiennes de l’humaine survie », ce 28/03/2020.
« Poème de soutien envers les soignants.
Pour toi, unique et essentielle, et pour tous les autres, de même.
J'ai cueilli les premières fleurs, la trille des oiseaux dans les branches et les lents troupeaux de nuages mollement bercés par le vent.
Détourné, de leur cours, les fleuves pour qu'ils t'apportent en leurs voyages, ces incroyables paysages qui plongent en leur miroir sans fond. 
J'ai attrapé dans mes filets, des rires d'enfants, cascades de joie, leurs galipettes de cabri, de lutins espiègles et ravis, leurs histoires sans queue ni pieds, leur sommeil plein de rêves, aussi, et leurs grands yeux émerveillés.
J'ai demandé à la fontaine, mains ouvertes, sous le vieux chêne, de t'offrir, à flot, son eau vive, née des sources mystérieuses, ventre fécond des profondeurs, mémoire des arbres pétrifiés, fille des pluies, de la rosée, des sources fraîches sous la feuillée.
J'ai prié, pour toi, la nature qu'elle te bénisse et te protège, les Dieux, Merlin et toutes les fées tapies, rieuses, sous l'églantier.
À tout ce qui vit et respire, au cœur des mondes palpitants, à cet univers tout vibrant dont nous sommes la goutte infime, j'ai parlé de toi. À mon chat et à ma voisine, aux insectes du champ moussu et au vieux père Arbate, aussi, sous sa moustache de pissenlit. 
J'ai glané, au vert des forêts, des brassées de roses bruyères, d'aubépines, du bois joli, des champignons et des pervenches, barbe de bouc et potentille, rassemblés dans mon tablier, toutes leurs fragrances en bouquets. 
J'ai pêché, cette nuit, la lune dans le lac presqu'immobile pour la couler dans tes cheveux, fanal d'or, éclat feux follets. Pour qu'à sa lumière en croissant, tu veilles sur nos souffles fragiles, vestale tisseuse aux mains d'argiles, penchée sur nos corps affaiblis, gardienne de l'humaine survie.
J'ai ouvert tout grand les fenêtres d'où montent des chants et des hourras, des ballades, des opéras. J'ai vu danser sur les balcons, saltimbanques, fils des étoiles, mes voisins, à la nuit tombée, de cette danse réconciliée de l'homme en sa fraternité. 
Des chorales se forment et s'élèvent, en hymnes de reconnaissance, timides, maladroits, puérils, bouleversants, fougueux et intenses.
J'ai rassemblé toute les vies, humaines, animales et sylvestres, pour toi, qui, inlassablement, jour après nuit, à nos côtés, veille de mille gestes apaisants, salvateurs, prodigues et savants. Toi qui nous donne, sans compter, ton temps d'abeille laborieuse, le miel d'or de ton sourire, ta rassurance et ta gaieté par-delà ton regard épuisé. 
Accepte, amie, ce poème, qu'il s'envole, simple et léger, pour que tous, l'on garde en mémoire ces temps graves et tourmentés, où renait notre humanité. 
Pour toi, unique et essentielle, et pour tous les autres, de même.
Courage et amitié à vous qui m'êtes tout autant présents au cœur. » Josuah REY.










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