Cheminer avec Jean Dujardin sur les pas de Sylvain Tesson.
Le
livre de Sylvain Tesson « Sur les chemins noirs » fait l’objet d’une adaptation
au cinéma (en salle le 22 Mars).
Jean
Luc Wachtausen y consacre un article dans « Le Point ».
« Il y a au début du livre de Sylvain Tesson, une
très belle phrase, qui résume son voyage en parlant d'une "vie réduite à
sa plus simple expression" », note Jean Dujardin, tête
d'affiche et coproducteur de Sur les chemins noirs, film pédestre de
Denis Imbert adapté du récit éponyme de Sylvain Tesson (Gallimard, 2016).
Zoom arrière : en 2014, l'écrivain
aventurier de 42 ans chute de la toiture d'un chalet à Chamonix (Haute-Savoie).
Fracturé et réveillé du coma, il souffre de graves séquelles, physiques et
psychologiques. Comme il le dit lui-même : « J'avais pris cinquante ans
en 8 mètres. » Pour se réparer, celui qui a arpenté le monde se lance
un défi : traverser la France à
pied en suivant une diagonale du Mercantour au Cotentin.
Sa thérapie ? Marcher, fouler les «
chemins noirs » de l'ancienne France rurale, à l'écart des routes, comme ces
anciennes pistes muletières où les pieds glissent sur les pierriers. Son but ?
Rééduquer son corps, mais aussi embrasser l'hyper-ruralité en savourant
l'imprévu, le mystère, tout ce qui fait la substance de la vie. Ni penseur ni
philosophe, il se considère comme un bipède rustique doté d'une certaine résistance
physique.
Tellurique. Denis Imbert y voit un beau sujet :
filmer « un visage dans un paysage », selon l'expression du
marcheur, embrasser la ruralité, gommer les affres d'un monde numérisé. Avec
une seule caméra, il suit Jean Dujardin, sac à dos et bâtons de marche, qui
emprunte le trajet emprunté, de Tende au Cotentin, par Sylvain Tesson.
L'occasion d'épouser de façon quasi tellurique les secrets d'une nature
grandiose qui ne se laisse pas facilement conquérir, de revenir aux choses
essentielles : allumer un feu, dormir à la belle étoile, se laisser guider par
la lenteur.
Marcher, trébucher, renâcler, lutter
contre ce corps pétri de douleurs : l'acteur ne ménage pas sa peine. En voix
off, il dévoile les réflexions, les regrets qui vont nourrir un futur livre,
carnet de notes et crayon à la main. Un long chemin vers la rédemption et la
renaissance, qu'il joue de façon minimaliste afin d'être au plus près de ce
récit écrit et filmé à l'os. Au bout de ce voyage, il y a tout simplement un
homme qui se plaît à « disparaître dans la géographie », et un
acteur qui se plaît à s'y régénérer. »