vendredi 29 juin 2012

Le réveil de l’intuition selon Paulo Coelho.



Le cheminant a momentanément fermé les ouvrages d’Audrey FERRARO et Bernard GICQUEL. Il feuillette à nouveau le livre de COELHO, et ses yeux s’attardent sur l’exercice de l’eau enseigné au Pèlerin de Compostelle par son guide Petrus.

« Forme une flaque d’eau sur une surface lisse et non absorbante. Contemple la pendant un certain temps. Puis commence à jouer, sans aucun engagement, sans aucun objectif, avec l’eau. Trace des dessins qui ne veulent absolument rien dire. Exécute cet exercice tous les jours durant une semaine, pendant dix minutes au moins chaque fois. Ne recherche pas de résultats pratiques, cet exercice réveille peu à peu ton intuition. Lorsqu’elle se manifestera à d’autres heures du jour, fie-toi toujours à elle. »
«  Réveille ton intuition, ton côté secret. Ne t’inquiète pas pour la logique, l’eau est un élément fluide et elle ne se laissera pas dominer si facilement. Mais elle va te permettre peu à peu, sans violence, un nouveau rapport à l’univers »

L’exercice de l’eau, PAULO COELHO, Le Pèlerin de Compostelle, Editions J’ai Lu.


Le cheminant se dit qu’il fera l’exercice dès que la pluie viendra. En attendant, en ce jour de Saint Pierre et Saint Paul, il poursuit son cheminement…


jeudi 28 juin 2012

La légende de Compostelle: Charles, Roland, Turpin, Volet 3, Fin.



"Le pilier du portail de la gloire a été davantage usé par les millions de mains qui s'y sont frottées depuis 20 ans que par toutes celles des siècles précédents".
Denise PERICARD-MEA, Postface de l’ouvrage de Bernard GICQUEL « La Légende de Compostelle », éditions Tallandier.

" Certes, les hôpitaux de Saint Jacques font place aux auberges, les motivations du pèlerin contemporain diffèrent du jacquet médiéval mais hier comme aujourd'hui, le camino reste le même car ce n'est pas l'homme qui fait le Chemin mais le Chemin qui fait l'homme".
AUDREY FERRARO, un amour de camino, www.publibook.com

... Le cheminant vient de finir la lecture des aventures de Charlemagne et Roland, telles que racontées par l'archevêque de Reims, Turpin, et consignées dans  Le Livre des Miracles de Jacques du Pape Calixte II, rédigé en 1157...

... L'auteur de "La légende de Compostelle" Bernard GICQUEL  porte une vision très critique sur ces évènements:

- aucune réalité historique: l'embuscade de Roncevaux de 778 risque d'être une invention, Roland un personnage fictif. Le seul fait historique concernerait l'attaque du fils de Charlemagne, Louis le Pieux, par les sarrasins à Roncevaux, en 824.

- une portée politique des écrits: de fait tous ces textes auraient été rédigés à des fins stratégiques:
·          pour exalter par exemple la résistance aux envahisseurs musulmans ( "ne pas plier, ne pas subir, plutôt mourir que céder"), en vantant la fidélité absolue à la foi chrétienne à travers des héros, hommes de devoir.
·         "pour mettre un terme à l'exode des compétences religieuses et militaires" en Galice. Avec la première croisade (1095 - 1099) les effets furent négatifs pour la Galice, car le Pèlerinage à Compostelle était redevenu possible et attira de nombreux clercs ou nobles galiciens qui en quelque sorte effectuaient "le parcours merveilleux à l'envers". Ainsi le flanc occidental de la Chrétienté était dégarni alors que les Maures occupaient le sud de la péninsule.

Le développement du site de Roncevaux à partir de 1100 obéit à cette logique. L'idée de créer un mémorial des troupes franques venues secourir l'Espagne contre les sarrasins a été émise. Le lieu s'y prêtait d'autant plus que la Chanson de gestes célébrait les preux chevaliers de Charles. Puis à partir de 1118 et la Chute de Saragosse, les Maures éloignés, "le mémorial guerrier est reconverti au profit d'une piété pèlerine".
Légendes, croyances, mythes, foi, raison, sciences, réalité...

... Le cheminant reprend son chemin... Plein de doutes…

«  Ainsi va l’histoire, elle est souvent fondée sur des documents faux et des enquêtes qui n’en furent pas » Denise PERICARD MEA.


mercredi 27 juin 2012

La légende de Compostelle: Charles, Roland, Turpin, Volet 2



En ce mercredi 27 juin, le soleil est chaud, la température s'élève, les lieux frais seraient bienvenus. Le cheminant avance lentement tout en faisant la synthèse de ses lectures de la veille. Il se remémore les 5 épisodes relatés par Turpin:

1- l'appel de l'apôtre à Charles, le départ de ce dernier vers l'Espagne, et la victoire de Charles à Pampelune. Puis son arrivée à Compostelle, la prise de l'Espagne. Retour de Charles en France.

2- le "roi païen d'Afrique", Aigoland, s'empare de l'Espagne. Charles repart en Espagne, les armées ennemies se neutralisent au bord du fleuve Ceia à "Des Champs". Charles retourne en France.

3- Aigoland défie Charles à Agen mais Charles triomphe. Il poursuit Agoland à Saintes et le met encore en fuite.

4- Aigoland revient en Espagne et défie Charles à Pampelune. Après une controverse sur les religions qui les animent, ils conviennent de ce que l'issue du combat définira quelle est la loi la plus puissante, la loi chrétienne ou la loi sarrasine. Finalement Aigoland sera tué, les sarrasins seront battus.

5- Charles s'empare le lendemain de tout le pays de Navarre à l'issue de la bataille de Monjardin.
Le cheminant voit une zone d'ombre près d'une fontaine, il décide de se reposer. Il ouvre son sac et parcourt à nouveau l'ouvrage de Bernard GICQUEL. Il poursuit la lecture des chapitres commencée hier. (Bernard GICQUEL, La Légende de Compostelle, éditions Tallandier)

6-... Voici enfin Roland, le neveu de Charles! Choisi à sa demande par Charles pour affronter un géant, Ferragut, à la bataille de Najera, il développe avec lui "une excellente controverse" sur les religions. Roland triomphe de lui lors d'un combat en face à face. 

7-... La bataille des masques, à Cordoue, où Charles répondit au stratagème des sarrasins en "rendant sourds et aveugles" les chevaux. Charles triomphe et effectue un partage des terres ibérique entre les vainqueurs...

8-... Avec la paix revenue, Charles  convoque un Concile à Compostelle et attribue au lieu le titre de "siège apostolique" au même titre que Rome (Saint Pierre) ou Ephèse (saint Jean l'Evangéliste).

9-... Charles prend le chemin de la France. A Pampelune, il mandate Ganelon auprès  des  2 rois sarrasins de Saragosse, Marsire et Beligant, afin de leur rappeler "qu'ils eussent à recevoir le baptême ou à lui payer un tribut". Mais Ganelon trahit Charles lequel était "plein de confiance en sa parole » et passe un pacte avec les 2 rois sarrasins.

10-...Ainsi, l'arrière garde de Charles composée de 20 000 chrétiens est attaquée par les armées de Marsire et Beligant: d'abord 20 000 sarrasins sont tués mais la seconde armée sarrasine avec 30 000 hommes défait l'arrière garde. Les 20 000 chrétiens sont tués.... Seuls survivent Roland, Baudoin (frère de Roland), Turpin, Thierry, Ganelon...

11-... Roland fait retentir son cor d'ivoire, une centaine de chrétiens le rejoignent. Il retrouve Marsire et l'abat, mais ses compagnons sont tués. Lui,  "il fut blessé de 4 coups de lance et gravement atteint par les pierres et les javelots". Charles avait franchi le sommet du col  et ignorait ce qui s'était passé derrière lui.

12-..."dans une charmante prairie, au pied du port de Cize,  au-dessus de Roncevaux, sous un arbre, auprès d'une pierre de marbre", il dialogue avec son épée Durenda (signifie «portant des coups puissants" ou "écrase avec elle le sarrasin")". Il lui rend hommage et... "Craignant qu'elle ne tombe aux mains des sarrasins, il frappe 3 coups pour détruire son épée. Que dire de plus? Du sommet à la base, la pierre fut coupée en deux morceaux et l'épée à 2 tranchants n'en fut point ébréchée."

13-... Puis Roland sonne fort l'olifant («son souffle fendit le cor en son milieu")...le son parvint à Charlemagne dont l'armée avait dressé ses tentes dans le lieu appelé aujourd'hui Val de Charles...Ganelon, de retour auprès de Charles, dissuade Charles d'aller à son secours. Baudoin, puis Thierry, qui avaient fui dans les bois lors de la déroute, portent secours en vain à Roland. Roland se confesse à Dieu et meurt.

14-... Turpin, qui, au même moment, le 16 juin, célébrait la messe des morts avec Charles a une vision qui lui révèle la mort de Roland et le transfert de son âme au ciel par l'archange Saint Michel, Marsire étant, lui, envoyé en enfer. Il informe Charles. Baudoin, frère de Roland, arrive au camp et raconte ce qui s'est passé...

15-... Charles revient à l'endroit où gisait mort Roland. Funérailles solennelles, ... honneurs rendus à Roland durant toute la nuit.

16-... Le lendemain Charles revient à Roncevaux et venge Roland en tuant 4000 sarrasins à Saragosse. Le jour dura 3 jours, le soleil s'arrêtant dans sa course.

17-... La trahison de Ganelon fut prouvée à l'issue d'un combat entre Pinabel, représentant Ganelon, et Thierry, représentant Charles. Thierry triompha. Ganelon fut attaché à 4 chevaux et mourut écartelé et déchiqueté.

18-... Roland fut enseveli à Blaye, à l'Eglise de Saint Romain avec son épée et son olifant...

19-... D'autres héros le furent à Belin, au sud de Bordeaux...

20-... Lorsque Charles mourut, Jacques intervint auprès de Dieu pour qu'il aille au royaume des Cieux...Ce jour-là, 28 janvier 814, Turpin eut une vision au cours de laquelle il apprit la mort de Charles...




mardi 26 juin 2012

Les aventures de Charlemagne et Roland, Volet 1, selon Bernard Gicquel.



 

Le cheminant profite d'une pause et feuillette l’ouvrage de Bernard GICQUEL, La Légende de Compostelle, éditions Tallandier…

… Il découvre ainsi l’histoire de Charlemagne et de Roland, telle qu’écrite par l’archevêque de Reims, Turpin (pages 523 et suivantes)… en 1119…

… L’histoire est découpée en 36 chapitres, le cheminant en lit les 16 premiers dont il extrait quelques notes…

 

...Cet archevêque aurait passé 14 ans auprès de Charlemagne à parcourir l’Espagne et la Galice.

 

… On apprend d’abord qu’au moment où « Charlemagne décida de ne plus commencer de guerre et de se donner du repos », « il vit dans le ciel une sorte de chemin formé d’étoiles » qui allait vers la Galice….

… Il ne cessa de se demander ce qu’il signifiait…

… Alors l’apôtre lui apparut en songe pendant la nuit à 3 reprises…pour lui dire que le Seigneur l’avait choisi pour délivrer la terre de Jacques des occupants sarrasins…

« Et je m’étonne fort que toi qui as conquis tant d’Etats et de villes, tu n’aies pas encore délivré ma terre des Sarrasins »…

 

… Charles « rassembla de nombreuses troupes et entra en Espagne pour y combattre la race perfide »…

Pampelune est assiégée, Charles invoque Dieu et Jacques…les murs tombent d’eux-mêmes, « la gent sarrasine » dépose les armes.

… Charles va au tombeau de Jacques, puis à El Padron, où lançant sa lance dans la mer, il rend grâce  à Dieu et à Jacques, puis traverse toute l’Espagne…

… Il détruit tous les idoles, sauf un le Salam Cadix, qui aurait été fabriqué par Mahomet… et aurait un pouvoir particulier…

… Charles rentre en France…

 

…Alors un roi païen de l’Afrique, Aigoland s’empare de l’Espagne…

… Charles revient avec des armées placées sous le commandement de Milon d’Anglers, le père de Roland… 40 000 chrétiens périrent  dont Milon dans la bataille « Des Champs » au bord du fleuve Ceia… mais  Charles et Aigoland se neutralisent, Aigoland se réfugie prés de Léon.

… Charles rentre en France…

 

… Aigoland reconstitue une armée et « rassembla autour de lui des peuples innombrables », remonte jusqu’à Agen, tend un piège à Charles qui répond par un autre et qui après avoir « rassemblé de grandes armées » assiège la ville pendant 7 mois  et prend la ville tandis qu’Aigoland fuit. Dix mille sarrasins sont passés par l’épée.

 

… Aigoland se réfugie à Saintes, Charles le rejoint et le combat, nouvelle fuite d’Aigoland…

 

… C’est alors qu’Aigoland part pour Pampelune et passe par le port de Cize. Il mande à Charles qu’il l’attend là pour lui livrer bataille. Charles, fort d’une armée de 134 000 hommes passe le port de Cize et arrive à Pampelune… « Il leur fallut au total 8 jours pour passer les cols »…

… Au cours d’une trêve, Charles et Aigoland ont une longue controverse quant à leurs religions respectives pour savoir quelle était la meilleure. «  Au terme de la controverse, ils finissent par convenir de combattre : c’est la victoire qui attestera la supériorité d’une religion ».

… Aigoland dit : « Plus encore, si ma nation est vaincue et que je vive encore, je recevrai le baptême. ». De fait Aigoland est vaincu et est prêt à se faire baptiser.

Mais il voit Charles prendre un repas  et en même temps mal traiter les pauvres : il considère alors que Charles ne met pas en actes les paroles de la loi chrétienne. Il refuse le baptême…

« Et ta loi que tu disais bonne, tu fais voir maintenant qu’elle est fausse. »

 

… « Ainsi que le corps mort est privé d’âme, ainsi la foi sans les bonnes œuvres est une foi morte »...

 

… Le lendemain 134 000 chrétiens affrontent 100 000 sarrasins. Charles triomphe, Arnaud de Beaulande tue Aigoland…

 

« Voilà donc comment Charles combattit Aigoland pour défendre la valeur de la foi chrétienne et le tua. D’où il est manifeste que la loi chrétienne surpasse en excellence tous les rites et toutes les lois du monde entier »…

 

… Le lendemain, un prince navarrais, Fourré, défie Charles à Monjardin mais Charles triomphe, s’empare du château et de tout le pays de Navarre…

 

… A suivre…


... Le cheminant remet les livres d'Audrey FERRARO et Bernard GICQUEL dans sa besace... et reprend le chemin.



lundi 25 juin 2012

Les 7 jours ou l'exercice de la vitesse selon Coelho.




L’exercice de la vitesse.

« Marche pendant vingt minutes deux fois moins vite que ton allure habituelle. Fais attention à tous les détails, aux gens et aux paysages autour de toi. »

… En effectuant d’une autre manière des gestes routiniers, tu permets à un homme nouveau de se développer en toi….

… Quand on voyage vers un objectif, il est très important de prêter attention au chemin. C’est toujours le chemin qui nous enseigne la meilleure façon d’y parvenir, et il nous enrichit à mesure que nous le parcourons….

… Puiser, dans ce que nous avons l’habitude de regarder tous les jours, les secrets que la routine nous empêche de voir….

… Le temps ne coule pas toujours au même rythme. C’est nous qui déterminons le rythme du temps… »

 

Paulo COELHO, Le Pèlerin de Compostelle, éditions J’ai lu, www.paulocoelho.com, www.jailu.com

 

C’est ainsi que Paulo COELHO mit 7 jours, avec son guide spirituel,  pour effectuer l’étape Saint Jean Pied de Port – Roncevaux.

La descente parmi les hêtres vers Roncevaux


Entre Saint Jean Pied de Port et Roncevaux


Entre Saint Jean Pied de Port et Roncevaux 


Roncevaux, vu du Col de Lepoeder

 

dimanche 24 juin 2012

Etape Azofra - Redecilla del camino: 13/10/2001, les pas du Baptiste.




En ces jours de solstice, le soleil  atteint son apogée et illumine la terre, les jours sont longs, les nuits courtes, la nature resplendit, les champs de blé éclairent les pas du cheminant, les grappes de raisin naissent des pieds de vigne.
Le cheminant profite de l’opulence de la nature. Les temps de réflexion que lui offre le chemin l’amènent à comparer les cycles de la vie humaine au rythme des saisons. L’homme est à l’image de la nature : il naît, grandit, vieillit et meurt.
En ce jour, le cheminant est vieilli tandis que la nature est à son apogée.
La symbolique prétend qu’au solstice d’Eté, l’être franchit « la porte des hommes » tandis qu’au solstice d’hiver, il franchira « la porte des Dieux ». La première serait gardée par Jean le Baptiste, la seconde par Jean l’Evangéliste, le frère de Jacques, …le Jacques de Compostelle.

En ce 24 juin, le cheminant fête ainsi Saint Jean, Jean le Baptiseur, celui qui « humble parmi les humbles » prêche dans le désert et annonce la venue de la vraie lumière. Celui qui travaille «  pour celui qui doit venir ».

« samedi 13 octobre 2001, Azofra – Redecilla del camino »
Au niveau de Granon, après Santo Domingo de la Calzada, «  Frank et Esther se rafraichissent à la grande fontaine circulaire accolée au lavoir municipal puis entrent dans la monumentale église paroissiale dédiée à Saint Jean Baptiste où se trouve le gîte pour pèlerins. »

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,


Le blé, le don de la vie

Le blé

Le grain de blé meurt pour renaître en épis


Eglise Saint Jean Baptiste à Granon, prés de Santo Domingo de la Calzada

Le lavoir de Granon

Fontaine à Granon

L'église Saint Jean Baptiste à Granon


La vigne au solstice de juin

La grappe se forme

La vigne du solstice 
d’Été

Le bâton soutient le rang de vigne

 

 

 

samedi 23 juin 2012

L'humilité et le détachement, avec Audrey Ferraro, le silence sur le chemin...




« samedi 13 octobre 2001, étape Azofra – Redecilla del camino. »
«  Apprendre l’humilité et le détachement, expérimenter la fraternité et la tolérance, se réjouir des rencontres du Chemin ou encore s’émerveiller des beautés de la nature sont autant de bienfaits que le camino réserve à ses pratiquants. »

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,


-          Le silence est une force.
-          Le déchiffrement des signes, le dialogue avec les forces du Cosmos se font en silence.
-          Le chemin, de fait, rend muet et offre un temps de silence « en soi », « pour soi ».
-          Un temps de silence, pour écouter, méditer, se taire, s’ouvrir.
-          Ecouter le profond de son être, pour mieux se découvrir et se connaître.
-          Aller au plus profond de soi pour pouvoir s’élever.
-          Les longues séquences de silence intérieur  font exploser la carapace corporelle : tout revient, tout défile, les réussites, les échecs, les non deuils, les plaies non cicatrisées. C’est la « caminothérapie » et de cette « bouillie » sortent souvent des larmes qui viennent mouiller les yeux.
-          Le silence permet alors d’ordonner ou remettre en ordre les grands questionnements qui ont fait et font notre vie.
-          Le silence du marcheur est  une épreuve, il peut être une peur, mais aussi un privilège qui permet l’accueil de l’autre et l’harmonie avec la nature
-          Sur le chemin, le silence devient la plus forte des paroles.


Ermita de Arnotegui ( prés d'Eunate)


Saint Jean Pied de Port

Prés d'Eunate

Le camino vers l'alto del perdon


Vers Puente la Reina


vendredi 22 juin 2012

Eglise Santa Maria la Real, O Cebreiro: le moine et le paysan.



L’Eglise Santa Maria la Real, à O Cebreiro, contient une Patène et un Calice soit disant miraculeux.
Ils renvoient à un miracle qui aurait eu lieu vers 1300.
Dans son roman, Audrey FERRARO relate ce miracle dit « miracle  de la transformation de ce que l’on fait en ce que l’on croit » (expression de Paulo COELHO).
Ce miracle est aussi largement développé par Paulo COELHO dans Le Pèlerin de Compostelle qui voit dans ce miracle « le secret de son épée et de l’étrange chemin de Saint Jacques ».
« 31 octobre 2001, étape O Cebreiro – Triacastela.
La tradition rapporte qu’au XIV ème siècle, un berger du village de Barxamajor était venu au Cebreiro pour assister à la messe malgré une sévère tempête de neige qui sévissait dans la région. Le moine célébrant, de piètre foi, pensait qu’il était stupide de faire tout ce chemin en bravant de mauvaises conditions climatiques, pour un peu de pain et de vin. Quelle ne fut pas sa surprise, au moment de la Consécration, de voir les Espèces devenir de la chair et du sang visibles. »

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,

 

Ainsi donc le moine ne croyait pas à la présence réelle du Christ dans le Saint Sacrement. Il méprisait dans son cœur le sacrifice et la bonne volonté du jeune paysan, Juan Santin.
Le Seigneur a voulu ouvrir les yeux au prêtre incrédule qui avait douté et récompenser la dévotion du paysan.




jeudi 21 juin 2012

La pomme d’or, la porte de la Galice.



«  La verdoyante Galice est parsemée de petits villages. L’influence océanique donne à la lumière une transparence particulière, suscitant le mystère. »

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,


A O Cebreiro, le cheminant franchit un col, à plus de 1300 mètres d'altitude, pour accéder à la porte d’entrée en terre galicienne. Parvenu au sommet, à l’intérieur de l’église Santa Maria la Real, il découvre une Vierge et son Fils. Le fils tient dans la main gauche une pomme, la pomme de la connaissance, la pomme d’or, le fruit défendu, la quête de l’alchimiste, le fruit du parfait initié !

Que de belles histoires liées à ce fruit !

 Ainsi, une légende° raconte qu’Atalante, héroïne grecque, ne voulut prendre pour époux que celui qui pourrait la battre à la course ; ceux qui échoueraient seraient mis à mort. De nombreux prétendants moururent ainsi, jusqu'à ce que se présente Hippomène. Pourtant invincible à la course elle fut  dépassée par ce prétendant et elle dut l’épouser. En effet, pour la ralentir, Hippomène avait mis sur sa route 3 pommes d’or que la déesse Aphrodite (Vénus chez les Romains) lui avait données et avait fait cueillir par Héraclès (Hercule) dans le jardin des Hespérides. Curieuse, la jeune fille s'arrêta pour les ramasser, et fut ainsi devancée à l'arrivée.On se souvient qu’Hercule avait vaincu le dragon Ladon pour cueillir les pommes.
Certains ont situé le jardin des Hespérides sur une île à l’ouest de l’Espagne. Ce serait l’île de la Valonne, l’île des pommes, l’île de la connaissance des choses cachées. Cette île serait invisible aux vivants. Un chemin initiatique passant par une mort apparente permettrait alors d’embarquer sur un vaisseau secret et sacré qui conduirait à l’île. Dès lors, il deviendrait possible de décrypter les choses cachées. La littérature arthurienne (Merlin l’enchanteur) parle de ce lieu où aurait été emmené le roi Arthur après sa dernière bataille à Camlann.

Le cheminant n’a pas une culture de la mythologie ou de l’alchimie assez grande. Il préfère rechercher le sens de la pomme tenue dans la main gauche du fils de la Vierge dans les textes premiers de la Bible.

Lors de la création du monde, « Yahvé Dieu planta un jardin en Eden, à l’Orient, et il y mit l’homme qu’il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d’arbres séduisants à voir et bons à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal…. Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. » (cf. La Bible de Jérusalem, les éditions du Cerf, 1998)

Chacun connait la suite, Dieu chasse Adam et Eve du jardin d’Eden, il leur promet souffrances car refusant à l’être humain l’accès à la connaissance du bien et du mal !
Ce Dieu là est un Dieu vengeur !

Le fils de la Vierge, est fils d’un Dieu d’Amour ! Par son message il guide l’être vers une dimension spirituelle qui débouche sur l’amour du prochain ! Alors le fils, grand initié, rend le fruit interdit ou plutôt trace le chemin qui conduit à le retrouver sans crainte ! Il nous conduit au jardin d’Eden pour retrouver l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance.
Le fruit, la pomme devient symbole ! Il, Elle devient étoile !

° cf Michael MAIER, médecin et alchimiste allemand (1569 – 1622), auteur de l’Atalante fugitive.
° cf « Le voyage alchimiste », PGA films, film de Georges COMBE, avec Patrick BURENSTEINAS, scientifique passionné d’alchimie).

Vue d'o Cebreiro



Chapelle d' O cebreiro
La Vierge, l'enfant

La main gauche, la pomme


Le jugement de la main droite

Hippomene et les pommes

Atalante ramasse la pomme mise à terre par Hippomène

Aphrodite remet les pommes à Hippomène

L'alchimiste, Docteur Faust?


Tiens, l'étoile à 5 branches, la quête.

Tiens, Santiago, Campus Stellae, le champ de l'étoile!



mercredi 20 juin 2012

Villafranca - Triacastela: Audrey Ferraro, les 3 bougies de la Confidence, de la Souffrance, du Sacré.



« Mardi 30 octobre 2001, étape Villafranco del Bierzo – O cebreiro. »

" L’unique source de lumière provient d’une des bougies qu’il a achetées dans l’après-midi…. "

" Cette bougie brille en l’honneur de ma sœur qui n’a jamais vu le jour car El Dia de los Muertos, c’est jeudi ! L’Américain est ému aux larmes…"

« Mercredi 31 Octobre 2001, étape O Cebreiro – Triacastela »

« Attiré par un petit abri de granit couvert d’ardoises, il pénètre à l’intérieur, dépose la troisième bougie, en allume la mèche comme pour la seconde quelques heures plus tôt, lors de la visite de la Chapelle du Saint Miracle à l’O Cebreiro. Tandis que l’Américain se recueille dans la pénombre… »

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,



Allumer une bougie, … témoigner, partager, se confier, souffrir, honorer, rendre sacré un instant…
Aspirer à la pureté, à la paix, à la lumière, à la spiritualité, à la vérité…

Allumer une bougie, être profondément seul, et espérer que l'autre nous rejoigne...

Vue d'O Cebreiro

Eglise d' O Cebreiro
...Tel est le message de Frank vis à vis d'Ester!






mardi 19 juin 2012

Villalcazar de Sirga - Calzadilla de la Cueza: Audrey Ferraro, le prix de l’effort.



" samedi 20 octobre 2001, étape Villalcazar de Sirga – Calzadilla de la Cueza."

 " Sur le Camino, il n’y a pas de place à la tricherie. …Le temps pluvieux…de grosses rafales de vent…bourrasques… vent de face …violentes averses de grêle…la glace…la jeune femme boite sérieusement… son corps donne un signal d’alarme… des crampes…"

"  Marcher c’est lâcher prise. Méditer, c’est rompre son activité dans son quotidien. Marcher et méditer, c’est mettre en mouvement sa capacité à se transformer en se lavant la tête, le corps et le cœur pour faire monter le meilleur de soi-même et le partager dans la rencontre avec l’autre. "

"  Le Chemin de Compostelle ne se résume pas à du tourisme idyllique et à d’agréables rencontres. Les souffrances physiques de la marche et du port du sac, mais aussi les souffrances morales qui ont parfois motivé le départ, s’invitent dans le quotidien du pèlerin. "

"Un amour de camino", Audrey FERRARO, www.publibook.com,


Sur le chemin, le corps et l'esprit sont en perpétuel dialogue. Il est un temps pendant lequel le corps commande. Puis progressivement, lentement, le corps vient se mettre à l'ordre de l'esprit! Mais tous deux continuent leur dialogue.
Matière et Esprit !

lundi 18 juin 2012

Un crayon, un cahier, Ester, l'héroine d'Audrey Ferraro : l’âne et le fermier.



Aujourd’hui, le pèlerin du XXIème siècle est souvent doté d’appareils de communication. Le dictaphone, par exemple, permet « en direct » de « tracer » son ressenti, de noter un point particulier…  Le cheminant n’a plus besoin de prendre systématiquement  des notes ou d’inscrire le soir venu, sur une feuille, les observations du jour, comme le fait par exemple l’héroïne d’Audrey FERRARO.
Cette héroïne, Ester, ferait en 2012 le chemin, nul doute qu’elle emporterait autre chose qu’un crayon et un cahier !
Est-ce un progrès ? Je ne sais. Disons que c’est une opportunité nouvelle.
Les téléphones permettent aussi d’envoyer des messages, d’en recevoir, de consulter Internet. Dans les moments difficiles que traverse le pèlerin, les messages reçus sont des signes de réconfort et d’encouragement.
Ainsi, un matin, tandis que mes pas étaient difficiles, à la recherche d’une position des pieds limitant la souffrance due à des ampoules et à une tendinite, je reçus d’un ami, Bernard, ce message plein d’optimisme et motivation.
 « Nulle pierre ne peut être polie sans friction, nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve. »  Confucius
« Un jour, l’âne d’un fermier tomba dans un puits.
L’animal gémit pitoyablement pendant des heures et le fermier se demandait bien ce qu’il allait faire. Finalement, il se rappela que l’animal était vieux et que, de toute façon, le puits devait disparaître. Il en conclut donc qu'il n’était pas rentable de tenter de récupérer l’âne.

Il appela tous ses voisins et leur demanda de venir l’aider. Chacun saisit une pelle et ils commencèrent à combler le puits. Au début, l’âne, réalisant ce qui se produisait, se mit à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de tout le monde, il se tût. Quelques pelletées plus tard, poussé par la curiosité, le fermier regarda finalement dans le fond du puits et fut étonné...
A chaque pelletée de terre qui tombait sur lui, l’âne réagissait aussitôt : il se secouait pour enlever la terre de son dos et piétinait ensuite le sol sous ses sabots. Pendant que les voisins du fermier continuaient à jeter de la terre et des cailloux sur l’animal, il se secouait et montait toujours plus haut. Bientôt, tous furent stupéfaits de voir l’âne sortir du puits et se mettre à trotter ! ».
La lecture de cette métaphore ne changeait rien à ma souffrance mais elle me rapprochait de mes amis et me délivrait un élan positif.
J’ai souvent lu et relu cette métaphore et chaque fois que je croise un âne je pense à cette histoire…