mardi 4 juin 2013

Le bonheur du Chemin de Saint Jacques... Vivre l'instant présent.



Texte écrit par Claire Ladire, https://www.facebook.com/cladire, et mis en ligne sur « Cheminer » début Mai 2013.

« Partir seule sur le chemin, cette joie intense éprouvée lorsqu'on démarre au petit matin, malgré les difficultés, douleurs musculaires, hantise de la tendinite qui nous stopperait sur place. Il nous faut affronter, la fatigue, les journées entières de marche sous la pluie, patauger dans les sentiers boueux, ou sous une chaleur de plomb où aucune ombre ne viendra nous protéger, se perdre sur le Chemin en raison d'un balisage défectueux, ces grands moments de solitude. Bref, toutes ces difficultés vont être vaincues, mais petit à petit et sans qu'on s'en aperçoive car nous modifions notre métabolisme, nous nous adaptons à ces nouveaux rythmes biologique et sociologique inconnus jusqu'alors et nous nous accommodons à ce nouvel environnement magique. Toutes ces journées passées sous la pluie dense, ou sous la chaleur. Cette euphorie qui nous envahit lors de chaque étape. Cette sensation de légèreté renouvelée chaque jour par la conscience de la liberté retrouvée. Vidé on s'écroule en larmes. Hébété, on s'assied sur un banc ou sur un tronc d’arbre, qui se trouve là sur le chemin, on  écoute, on ressent, on regarde, de très forte émotions ! Immobile, le regard hagard, délavé par le peu de soleil et la pluie ou la lourdeur de la chaleur on observe ce ravissement offert par la nature qui se renouvelle, les couleurs des fleurs et des arbres qui transforment le paysage en tableau de maître. L'enchantement procuré par le chant des oiseaux  avec le coucou au fond des bois, les biches, les lapins qui traversent là juste devant vous, les animaux des fermes qui vous regardent passer. Ce monde intermédiaire qui nous procure cette sensation de vivre ici un "avant-goût du Paradis" sous cette légère brise du vent caressant notre visage avec délicatesse. La sensation d'élévation que l'on ressent en admirant la splendeur des chapelles, églises et cathédrales rencontrées sur le chemin. Le bien être d'une douche chaude à l'arrivée, l'euphorie d'un plat  fraternellement partagé le soir au gîte. Et par-dessus tout, la richesse des rencontres effectuées, la même émotion partagée, la générosité, celle des gens qui vivent au bord du Chemin en partageant le même idéal avec ces pèlerins qui défilent devant leur porte et qui nous accueillent comme des membres de leur famille. Ainsi que ces rencontres avec ces autres pèlerins si différents de nous mais qui cheminent tous, pour l'espérance d'un monde meilleur, par un désir d'une humanité plus fraternelle, ou par d'autres attentes plus personnelles et plus intimes qui appartiennent à chacun et que nous pressentons sans les connaître parce que tout simplement nous avons cheminé avec eux.
Puis tout s'achève, demain il faut à nouveau retourner de là d’où l'on vient. Arrivé chez soi un étrange malaise nous saisit, une espèce de mal être, une impression de vivre à coté de ses pompes …on n’a qu’une envie repartir… (Oui, je repartirai) et peut être s’arrêter au détour d’un chemin… » Claire Ladire.

Photo de Claire Ladire

1 commentaire:

  1. Merci pour ces mots. J'y retourne en août, seul, sur un chemin peu fréquenté et pour 3 mois, j'espère vivre toutes ces émotions que vous avez décrites.

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