vendredi 6 avril 2012

Audrey Ferraro, "un amour de camino", un des livres du peregrino!

Venant de lire le Roman d’Audrey FERRARO, « un Amour de Camino » (diffusion : www.publibook.com) et ayant beaucoup apprécié ce livre, j’ai souhaité communiquer à d’autres pèlerins l’envie de lire ce roman.
Ce roman est fait de pas accomplis parmi un univers de signes !
Les premiers pas, ceux que le lecteur observe en premier, car ils «  imprègnent » notamment la première partie du livre, incarnent un récit de voyage. Ils sont en quelque sorte un guide de voyage du Camino entre Saint Jean Pied de Port et Santiago.
Alors le lecteur, pèlerin du chemin lui-même, se plaît à  cheminer à nouveau sur les 35 étapes qui mènent de Saint Jean Pied de Port à Santiago. Ce qui frappe alors, c’est évidemment l’extrême précision apportée par l’auteur à décrire les lieux traversés, notamment par leur histoire et géographie (milieu physique, humain, faune, flore, agriculture, légendes, patrimoine,…).
Ce qui a dû être un simple recueil de notes en cours de cheminement est devenu quelques temps après un travail accompli d’approfondissement de connaissance des lieux traversés. Nul doute que cela est le fruit d’un long travail initié par le Chemin.
Le lecteur revit alors de nombreuses  séquences en s’enrichissant d’éléments d’analyse ou de culture offerts par le travail de l’auteur. Il en vit aussi de nouvelles, réalisant qu’en chemin il est passé à côté d’elles, mais …  sans les voir.
L’auteur lui apporte alors des compléments de découverte.
Dans tous les cas, le lecteur bénéficie d’un regard autre que le sien  qui vient l’obliger à réexaminer et reconsidérer les grandes phases de son propre chemin !

Les pas suivants sont des pas d’amour entre deux êtres.
Pendant la première partie du récit,  l’auteur exprime une grande retenue, voire pudeur, à rendre compte du lien naissant entre Ester et Frank. Il est  « distant », un peu comme si l’essentiel était le voyage seul et comme si l’histoire de la relation naissante entre les deux êtres ne le concernait pas vraiment.
Il  désigne d’ailleurs plus souvent l’héroïne par « la Lilloise », et non par Ester. Le lecteur n’apprend pas grand-chose de cette « Lilloise »,  à peine plus de l’Américain Frank.
Et puis progressivement le lien devient plus présent pour occuper principalement le récit de l’auteur, le chemin devient lieu  d’épanouissement d’une relation amoureuse !  Les pas des  deux cheminants vont finir par s’unir dans un élan porté par toute la magie du chemin.
L’auteur lâche alors prise et libère simultanément les forces du corps et de l’esprit pour témoigner et être partie prenante.
Les autres pas renvoient au pourquoi ? Pourquoi le Chemin ? Pourquoi la souffrance ?
Le pourquoi du Chemin…
Les 35 étapes décrites par l’auteur en donnent de nombreux indices…
La lecture donne envie de relire de nombreux passages et à nouveau de les approfondir voire d’en travailler certains, moins développés et quelque peu ignorés !
Le lecteur retrouve bien décrits l’esprit du chemin, son éthique, sa capacité à nous projeter sur le champ spirituel, les pouvoirs de la marche et de la méditation, le retour et le travail sur soi, l’humilité, la dépossession du superficiel, l’épurement de l’être, la force de la rencontre de l’Autre….
Le pourquoi de la souffrance…
La marche vers Compostelle, puis vers la fin des terres, Fisterra, est un cheminement initiatique d’épreuves physiques et morales, certaines insoutenables ! L’être, devenu vieux, doit « mourir », et faire le deuil des diverses morts comme le soleil couchant, à l’occident, pour mieux renaître à la vie, à l’orient !
Les derniers pas  sont alors les pas de la Renaissance et de l’Espérance !
Ce sont ceux contenus dans le message du vieux Galicien, dans l’épilogue. Qu’il est beau cet épilogue !
Bref, un très beau roman !
Pierre BAILLET

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