lundi 29 juillet 2013

Le Chemin d'Axel KAHN, entre Givet, en Belgique, et Ascain, au Pays basque, le mène à Saint Palais, Pyrénées Atlantiques.

Le journal Sud Ouest ( Marion Paquet) l'a rencontré en cette fin juillet 2013,

"Son aventure est comme une phrase de Proust : «Une longue et poétique». Après avoir marché plus de 1 900 kilomètres, en traversant la France en diagonale, Axel Kahn, chercheur et médecin généticien (entre autres) est arrivé à Saint-Palais vendredi. Il s’agissait de sa première étape dans le Pays basque.
Dimanche, il est arrivé à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans la mi-journée. Puis s’est dirigé vers la Fontaine de Roncevaux. «C’était, en quelque sorte, mon adieu aux pèlerins », dit-il. Aujourd’hui, le scientifique doit se rendre à Saint-Étienne-de-Baïgorry. Il atteindra son but, Ascain, dans quelques jours. « Au total, j’aurai passé une semaine dans le Pays basque, précise-t-il. J’y ai vu trois provinces : Soule, Navarre et Labourd».
Hier, sa voix était posée. Mais lors de son étape à Saint-Palais, il semblait un peu essoufflé:«Je suis content d’arriver et de boire la première gorgée de ma demi-pression.»
L’homme achève ici sa 65e étape sur 70 prévues.
De Givet en Belgique, à Ascain au Pays basque, il tente, comme l’auteur d’«À la recherche du temps perdu», de trouver «la puissance d’évocation pour témoigner de la beauté» du paysage qu’il contemple : «Je m’amuse à écrire des phrases de dix lignes sur mon blog pour arriver à transcrire avec justesse les images que je vois, les sensations que j’éprouve.»
Seul pour apprécier le paysage, il ne jouit pas seulement des beautés qu’il observe, mais analyse les économies régionales : «Au cours de mes deux premières étapes dans le Béarn, j’ai surtout traversé des champs de maïs», raconte l’essayiste, qui regrette que les Pyrénées soient actuellement englouties dans une brume de chaleur.
Contrairement à d’autres régions de France, comme la vallée de la Meuse ou à Decazeville -où le marcheur a pu constater «avec sidération l’effondrement de la vie économique»- il note le dynamisme de la région. «L’agriculture est très riche et bien articulée avec l’industrie agroalimentaire. Le bassin de Lacq est un cas merveilleux, malgré la reconversion industrielle, on crée ici de l’emploi». Il compare ce cas à la Lorraine, où «l’épuisement des ressources en fer n’a donné lieu à aucune reconversion des mines.»
À la recherche du bonheur sur les pas de Jacques Lacarriere, dont il s’est inspiré de l’œuvre «Chemin faisant», Axel Kahn se présente comme un humaniste:la «parfaite félicité», qu’il éprouve comme but ultime, n’a de sens que partagée. «En temps réel», qui plus est.
«J’écris tous les jours un article sur mon blog, depuis ma tablette. J’y publie aussi des photos, prises avec mon iPhone», explique l’intellectuel, qui ne rompt pas pour autant avec la civilisation. «Je rencontre les amis des hôtes qui m’accueillent, des élus, les médias, tous ceux qui veulent me rencontrer.»
Mais pas question de marcher accompagné! Le matin, six à sept heures sans s’arrêter, Axel Kahn marche seul. «Je marche plutôt vite et préfère parcourir ma trentaine de kilomètres quotidiens avant qu’il ne fasse trop chaud.»
À 6 h 30, lorsqu’Axel Kahn pose le premier pas dehors (son moment préféré), à Saint-Palais, il se sent «libre comme jamais». «Personne ne dépend de ce que je fais, apprécie le retraité, heureux d’être loin de ses anciennes hautes responsabilités. Je peux manger quand je veux, je peux décider de changer de chemin…», énumère celui qui lave son linge à la main.
Sa marge de liberté est toutefois réduite par l’« angoisse de ne pas avoir de toit où passer la nuit ». Axel Kahn a donc réservé toutes ses chambres avant son départ, le 8 mai. « Avant, je campais, mais il y a un temps pour tout », confie l’homme de 68 ans.
Au cours de ses 70 étapes «merveilleusement organisées», le marcheur s’est aussi autorisé quelques détours. «Je me suis arrêté chez moi pour m’occuper de mes chevaux, entre la Bourgogne et la Champagne, raconte le cavalier. J’ai aussi rendu visite à mon frère, Jean-François Kahn, et je suis passé voir ma fille et mes petits- enfants.»
Au fil de sa marche, il se sent «profondément modifié, au mieux, enrichi». Et lorsqu’on lui demande où il en est actuellement? Il répond simplement:«Ici, avec vous et je trouve que la vie est belle.» Imprégné d’images, d’émotions et de sensations esthétiques, le désormais poète n’en garde pas moi les pieds sur terre.
Axel Kahn vient à la rencontre de son public le vendredi 2 août, à 18 heures, à la librairie Le 5e Art, à Saint-Jean-de-Luz. Retrouvez le sur son site : http://axelkahn.fr/blog/"



http://www.sudouest.fr/2013/07/29/quand-axel-kahn-part-a-la-recherche-du-bonheur-1127072-3982.php


Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Vos observations: