jeudi 10 novembre 2016

Cheminer à COLLIOURE sur les pas ou traces d’Antonio MACHADO (1875-1939), novembre 2016.


On dit de ce poète espagnol, qu’il « mélangea la rêverie mélancolique et raffinée à l’inspiration terrienne. » (wikipedia).
On se souvient qu’il maitrisait parfaitement la langue française (il fut professeur de français) et surtout qu’il mit sa plume au service du parti républicain pendant la guerre civile d’Espagne. A la chute de la seconde république espagnole il fut contraint de fuir vers la France, à Collioure. Il y mourut le 22/02/1939, à 64 ans, épuisé. Sa mère mourut 3 jours plus tard.
Au cimetière de Collioure, une tombe a été édifiée à l’initiative du violoncelliste Pablo Casals.
Le cheminant qui prendra le temps d’aller se recueillir sur cette tombe remarquera une boîte aux lettres destinée à recueillir le courrier qui lui est adressé et rend compte de l’éternité des poètes…
En 1960, Louis Aragon lui rendit hommage dans Les poètes (plus tard mis en musique et chanté par Jean Ferrat) :
« Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours. »


Le poème original, en Espagnol, constitutif du Chant XXIX, Proverbios y cantarès,Campos de Castilla, 1917.

« Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar. »
Antonio Machado

Le poème a fait l’objet de diverses traductions :

La traduction d’Elie ARIE : « Tout passe. » 

« Tout passe 
et tout demeure 
Mais notre affaire est de passer 
De passer en traçant 
Des chemins 
Des chemins sur la mer 
Voyageur, le chemin 
C'est les traces 
de tes pas 
C'est tout ; voyageur, 
il n'y a pas de chemin, 
Le chemin se fait en marchant 
Le chemin se fait en marchant 
Et quand tu regardes en arrière 
Tu vois le sentier 
Que jamais 
Tu ne dois à nouveau fouler 
Voyageur! Il n'y a pas de chemins 
Rien que des sillages sur la mer. »

Traduction de José Parets-LLorca.
« Marcheur, ce sont tes traces 
ce chemin, et rien de plus ; 
Marcheur, il n'y a pas de chemin, 
Le chemin se construit en marchant. 
En marchant se construit le chemin, 
Et en regardant en arrière 
On voit la sente que jamais 
On ne foulera à nouveau. 
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
 
Seulement des sillages sur la mer. »
Traduction de Pierre-Yves Gomez
« Marcheur, il n'y a que tes pas, 
Pour faire le chemin où tu vas, 
Marcheur, il n'est pas de chemin, 
Que celui que tes pas vont faire. 
Et quand tes pas font le chemin, 
Jamais plus tu n'emprunteras 
Le sillon qui déjà s'efface, 
Lorsque tu regardes en arrière 
Marcheur, il n'est pas de chemin, 
Mais des sillages sur la mer. »
 Traduction Gallimard (Proverbes et chansons).

« Voyageur, le chemin
Sont les traces de tes pas
C'est tout ; voyageur
Il n'y a pas de chemin
Le chemin se fait en marchant.
Le chemin se fait en marchant
Et quand on tourne les yeux en arrière
On voit le sentier que jamais
On ne doit à nouveau fouler.
Voyageur, il n'est pas de chemin,
Rien que des sillages sur la mer. »

Autre traduction :

« Toi qui voyages, ce que tu crois être le chemin
Ne sont que tes pas
Rien d'autre
Toi qui voyages, de chemin il n'y a
Le chemin naît en marchant
Le chemin c'est tes pas qui le font
Et lorsque tu te retournes
Tu peux voir la sente
Que plus jamais tu n'auras le droit de prendre
Toi qui voyages, de chemin il n'y a

Rien de plus que des traces sur la mer. »







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