vendredi 1 février 2013

Les pèlerins coréens et japonais sur les Chemins de Compostelle.


Pour ce qui est des Coréens, ils étaient 18, en 2004, à être recensés à Santiago. En 2007, 449. Les voici en 2012 à près de 2500 pèlerins. Ils sont désormais le 11ème pays le plus représenté sur les Chemins, juste derrière le Canada !
L’année 2007 est l’année « levier » qui les propulse de la 54ème nation la plus représentée à la 23ème.
Divers facteurs semblent à l’origine de ce phénomène. Les membres du groupe Facebook « Cheminer », à l’occasion de la mésaventure arrivée à cinq d’entre eux, cet hiver, entre Saint Jean Pied de Port et Roncevaux,  ont relevé certains éléments explicatifs:

-          La foi liée au christianisme qui est la première religion en Corée du Sud (rappel population : autour de 49 millions d’habitants) et concerne 26% des coréens (23% pour le bouddhisme) dont 20% de protestants et 6% de catholiques (soit 8.6 millions de protestants et 5.1 millions de catholiques).

-          Le nouvel éloge de la lenteur dans « un pays drogué à la compétitivité ». De ce point de vue, une journaliste, Suh-Myung-Sook, n’est pas étrangère au développement de la marche. A son retour de Compostelle, en 2006, elle a d’ailleurs valorisé dans l’île sud-coréenne de Cheju, un ensemble de sentiers de randonnées inspirés des chemins de Saint Jacques : les « chemins Olle » ».On cite le nombre de 1 000 000 marcheurs par an.

-          La perception par les coréens de la dimension « initiatique » des chemins de Compostelle, jugée propice à certaines phases clés de la vie des Êtres.

Ci-après diverses photos dont celle de Suh-Myung-Sook et des photos empruntées à Joachim Michel.

L’ensemble des réflexions menées par le Groupe Facebook « Cheminer » sur les pèlerins coréens nous a conduits à  Suh-Myung-Sook, cette journaliste coréenne qui a fait connaître les Chemins de Compostelle dans son pays ( après avoir fait le Chemin en septembre 2006, en 36 jours depuis Saint Jean Pied de Port) et qui a développé ensuite, en 2006-2007,  un réseau de Sentiers de randonnée sur l’île sud-coréenne de Cheju, appelé Chemins « Olle ».
En découvrant cette île sur internet (environ 2000km2, 80kms*25kms), on découvre que cette île est dite l’île des sirènes par référence aux femmes plongeuses qui pêchent les crustacés en eau de mer : elles sont le symbole de l’île même si aujourd’hui elles sont de plus en plus « ravalées » au rang d’attraction touristique. L’île vit de pèche, de la culture des mandarines, du tourisme. Née d’une gigantesque éruption volcanique, on y trouve de nombreux cratères dont au centre de l’île le Mont Halla !
Avec 600 000 habitants l’île est aussi appelée l’île des 3 abondances (les femmes, le vent, les pierres) auxquelles il faut ajouter dorénavant les produits de la mer et les sites touristiques.
Cette île qui accueillit des matchs de la coupe du monde 2002, trouve ainsi une notoriété grandissante, à une heure de vol de Séoul. C’est ce qui explique peut-être le fait qu’un million de marcheurs soit recensé sur les Chemins « Olle ».
Cette île est encore un paradis pour les photographes, notamment en automne, ainsi qu’en témoignent les photos de Douglas Mac Donald (cf Flickr.com/photos/dmacs_photos) empruntées à jejuweekly.com
Le site des Sentiers de randonnée : jejuolle.org

Si l’on en croit les statistiques, il y a trois fois plus de coréens que de japonais sur les Chemins de Compostelle. Et pourtant jusqu’en 2006, c’était l’inverse. A partir de 2007, le nombre de coréens a significativement crû ! Il n’y a donc pas eu d’effet Suh-Myung-Sook au Japon !
île de CHEJU, photo de Douglas Mac Donald



Suh-Myung-Sook

Photo Joachim Michel

île de CHEJU, photo de Douglas Mac Donald

Suh-Myung-Sook

Photo de Joachim Miguel



Sources: bureau des pèlerins à Santiago.

4 commentaires:

  1. Bonjour, Vous pourrez voir sur mon blog une jeune Coréenne (19 ans) parlant bien français nous raconter pourquoi elle est sur le chemin.
    http://xavier-compostelle.over-blog.com/yunah-pourquoi-es-tu-sur-le-chemin
    Xavier Vallais

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  2. Bnjour, une question , comment les coréens se renseignent-ils pour préparer leur chemin de compostelle? merci

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  3. Pour tout dire je n'ai pas d'élément particulier de réponse mais, pour avoir accompli le camino plusieurs fois, j'ai noté qu'ils sont très polyglottes et donc j'imagine qu'ils s'appuient sur divers ouvrages ou media, notamment en langue anglaise, pour préparer leur voyage. Merci pour vôtre message,
    Pierre Baillet

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