mardi 23 août 2011

Etapes entre Peyrehorade et Ostabat.


Etape Peyrehorade – Saint Palais, lundi 22 août, 35kms, 12h25, très chaud.
Hier soir, dans la chambre, il y avait Le Nouveau Testament, j’ai lu des passages de l’Evangile de Jean.
… 5h50, je suis sur le pont de franchissement des Gaves réunis à Peyrehorade, il fait nuit, que va –t-il se passer aujourd’hui ?
…6h37, toujours dans le noir, sans lumière autre que celle de mon iphone pour chercher les flèches indicatrices…
…tiens, enfin le lever du jour, des teintes rosées, le bruit de corbeaux, de canards près d’un étang…
7h08, le jour arrive, le milieu environnant est très rural, grosses exploitations, vaches, porcs, chevaux. Je ne suis pas toujours rassuré lorsque les bêtes sont  trop proches du chemin.
Et puis les chiens, je vais finir par les hair…
7h34, tiens voilà le soleil et sa boule rose qui se détache progressivement…mais la lune n’est pas encore totalement couchée…le soleil a pris sa relève…
7h39, je franchis l’autoroute du Piémont pyrénéen…
8h10, à travers le nuage, le soleil libère une lumière blanche, puissante et brillante…
8h30, le soleil était face à moi, désormais il m’accompagne, il est encore à l’est tandis que mes pas avancent plein sud…
9h24, chemin barré, de grosses branches d’un chêne sont tombées hier après-midi, au plus fort de la chaleur. Un agriculteur coupe les branches pour libérer le chemin. « En 60 ans, je n’ai jamais vu un arbre à terre par la seule chaleur »
9h 30, de nombreux bancs le long du chemin, bien entretenus, c’est nouveau. C’est vrai que mes pas sont entrés en Pyrénées Atlantiques…
11h25, les villages sont aussi des signes car lorsque le regard du marcheur les aperçoit, ils deviennent  points d’espérance. Ils rassurent alors que la ligne droite infinie semble s’imposer à nous et inquiète…
12h13, arrivée à Viellenave,  en prés de 6h30, alors que les guides l’annoncent en 5h.Je ne suis pas sûr qu’ils tiennent compte de la rampe à 3,44% sur 3 kms.
Je fais une halte, au bord de la Bidouze, là où j’avais pique-niqué la veille avec Brigitte lors de la reconnaissance de l’étape. Je regarde l’état de mes pansements. Les mouvements  du pied dans les chaussures ont tout fait glisser.  Les parties « à vif » sont collées à la chaussette. Je reprends tout à zéro. Je vais devenir le roi de la Betadine, des doubles peaux, de l’urgoderm…
13h06, je décide de continuer vers Saint Palais à 14 kms. A 3km/h, je devrai arriver vers 18h à Saint Palais la joyeuse.
…un signe, la flèche est représentée par une maison jaune dans laquelle un carré bleu abrite la coquille dont les nervures s’offrent au monde en jaune…
14, des vaches me regardent et semblent me demander ce que je fais là…Moi aussi, je ne suis pas loin de cette question…
15H11, plus d’eau, 3 litres déjà bus. Une halte  auprès de deux dames qui se reposent à l’ombre en cet après-midi tout chaud.
15H17, chemin barré par des palettes de bois attachées les unes aux autres et par des branches d’arbre déposées derrière. Je ne veux pas franchir l’obstacle car j’imagine que l’auteur du barrage est un propriétaire qui refuse le passage des pèlerins. Je reviens sur mes pas et poursuis mon parcours sur une petite route bitumée qui me conduit à 2 impasses (fermes agricoles). Je reviens alors vers le chemin barré et escalade palettes et branches pour me retrouver très rapidement dans une zone non entretenue où le tracé du chemin n’a pas laissé de trace. J’en arrive même à me demander si les rares flèches directionnelles n’ont pas été intentionnellement renversées. Finalement, je trouve une issue mais j’ai bien perdu 1h30 pour rien. Et j’ai encore 8kms à faire.
16H45, j’aperçois au loin Saint Palais, et je marche sur une rampe de près de 2% sur près de 6kms…Cela me rappelle le 35 ème kilomètre d’un marathon…On est rarement frais…
La fin est pénible, à même une route n’ayant pas de bas- côtés, ni de bande d’arrêt d’urgence, je m’arrête souvent…J’ai le coup de barre… J’ai mal aux pieds et me dis qu’à Saint Jean Pied de Port, je ferai une pause pour que mes pieds se rétablissent…je ne veux pas courir le risque d’une infection.
18h15, enfin le centre-ville, je cherche où dormir… une vielle dame m’a aperçu et vient vers moi : « vous êtes pèlerin ? ». Je réponds oui sans bien savoir encore ce que signifie ce terme pour moi. Elle m’accompagne un bout de chemin, m’explique qu’elle est Sœur Annna, religieuse en retraite, et me guide vers le refuge « Les Franciscains » où je suis particulièrement bien accueillie par 2 hospitalières. Ce soir encore, je suis seul au gîte, où sont les pèlerins ?
Je n’oublierai pas Sœur Anna et sa canne, elle a été la lumière de ce jour, après 12h25 minutes de marche…
Etape Saint Palais – Ostabat, 12 kms, mardi 23 août, 3H, temps plus clément…
J’ai décidé de moins marcher pour reposer mes pieds, les soigner, protéger aussi mon dos du poids du sac…
Avant le départ, les hospitalières me donnent divers conseils, l’une connaît bien le camino pour l’avoir accompli…
…8H45, je quitte Saint Palais, tandis qu’une dame, de son balcon me dit ; « ultreia ». Je la remercie
…9H, avant-hier  à Peyrehorade le serveur avait la main droite paralysée, hier soir à Saint Palais, un jeune en fauteuil roulant traversait un passage piétons, et moi je me plains de mes ampoules… 
…9H51, les paysages sont devenus magnifiques, relief très vallonné, ensemble très verts, des troupeaux de moutons…
…10H02, depuis 10 minutes, je parle avec un garçon que je viens de croiser : il a 74 ans, a découvert le chemin à 63 ans et depuis, tous les ans, il marche 3 semaines sue le Camino. Il  me parle de l’esprit du chemin. « Ne demandez pas à quelqu’un pourquoi il est sur le chemin, il y est, c’est tout». Il me donne quelques conseils dont j’essaierai de tenir compte. Il ajoute : « lorsqu’on fait le chemin pour la première fois, on est trop dans le formalisme (il ne sert à rien d’avoir un sac de plus de 6 kgs, ou trop d’eau…)…
…plusieurs petites chapelles pleines de beauté sillonnent le chemin dont celle de Soyarce…
…Le bâton scande les pas, il les ordonne, donne de la force aux pas tout en les soulageant, il est troisième pied, il est Trois…
Je ne voulais pas de bâtons, …maintenant j’en ai deux. Je ne voulais pas porter de bas de contention…maintenant j’en mets par nécessité…
…12H, arrivée à Ostabat. Je vais m’occuper de mes pieds …et laver mon linge…Je trouve une chambre de ferme.






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