vendredi 19 octobre 2012

« Le paradis des ânes » de Jacques Clouteau.


« … Alors que le soleil se couchait sur le causse, sans une plainte, il s'est couché dans l'herbe pour toujours. Je ne verrai plus sa jolie paire d'oreilles s'agiter aux quatre coins du pré, et sa bonne tête chaque matin en ouvrant la porte de la cuisine. Il n'y aura plus de pitreries, juste un vide immense. Adieu petit âne… »

Ainsi écrit Jacques Clouteau à la mort de son âne Ferdinand, âne du Chemin de Compostelle et des sentiers d’Europe (cf "Les Zoreilles du chemin" de septembre 2012).

De la même manière, lorsque François Xavier Maigre raconte son pèlerinage entre Paris et le Mont Saint Michel (cf "Sur la trace de l’Archange", éditions Bayard), il parle de l’animal qui l’accompagnait, lui, son épouse et ses deux enfants : l’âne Cacao. Il en parle avec beaucoup d’amour. Si au départ l’âne n’était qu’un moyen utilitaire pour transporter les divers éléments logistiques associés au voyage, il est devenu rapidement un protagoniste à part entière du voyage ! Le pèlerin a été obligé d’apprendre à connaître l’animal pour l’éduquer et l'amener à effectuer des actes auxquels il n'était pas enclin ( passage des cours d'eau par exemple). Cela impliqua la patience et obligea parfois le pèlerin à se remettre en cause sur certains points. Dans tous les cas l’âne témoigna d’une grande intelligence. C’était déjà ainsi dans le Nouveau Testament lorsque l’âne soutenait Marie allant se faire recenser avec Joseph, ou lorsqu’il accompagnait le bœuf dans la crèche, ou quand il portait le Christ vers Jérusalem pour les Rameaux ! L’âne est un animal biblique (« un catéchisme sur pattes » dit François Xavier Maigre) qui traité avec humilité et respect devient partenaire à part entière du cheminement.
Les témoignages de Jacques Clouteau et François Xavier Maigre nous rappellent ainsi que les ânes sont des animaux très affectueux, adorant la compagnie des gens. Ce n'est pas par hasard si l'homme les a domestiqués vers 3000 ans avant Jésus Christ, à peu prés en même temps que le cheval.
C’est un peu à tout cela, y compris à la métaphore de l’âne dans le puits, que le cheminant pensait en contemplant, avec ses amis, une ânesse et un ânon, dans un pré au bord du Lac d’Estaing ( en Hautes Pyrénées), ce dimanche 14 octobre.
Dans cet univers de sérénité, le long du GR10, au sud-ouest d'Argelès Gazost, l’âne et l’ânon évoluaient à côté des chevaux en liberté ainsi que des troupeaux de moutons ou brebis surveillés par un chien !

















Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Vos observations: