« … Alors que le
soleil se couchait sur le causse, sans une plainte, il s'est couché dans
l'herbe pour toujours. Je ne verrai plus sa jolie paire d'oreilles s'agiter aux
quatre coins du pré, et sa bonne tête chaque matin en ouvrant la porte de la
cuisine. Il n'y aura plus de pitreries, juste un vide immense. Adieu petit âne… »
Ainsi écrit Jacques
Clouteau à la mort de son âne Ferdinand, âne du Chemin de Compostelle et des
sentiers d’Europe (cf "Les Zoreilles du chemin" de septembre 2012).
De la même manière, lorsque François Xavier Maigre raconte
son pèlerinage entre Paris et le Mont Saint Michel (cf "Sur la trace de l’Archange",
éditions Bayard), il parle de l’animal qui l’accompagnait, lui, son épouse et
ses deux enfants : l’âne Cacao. Il en parle avec beaucoup d’amour. Si au
départ l’âne n’était qu’un moyen utilitaire pour transporter les divers
éléments logistiques associés au voyage, il est devenu rapidement un protagoniste à part
entière du voyage ! Le pèlerin a été obligé d’apprendre à connaître
l’animal pour l’éduquer et l'amener à effectuer des actes auxquels il n'était pas enclin ( passage des cours d'eau par exemple). Cela impliqua la patience et obligea parfois le
pèlerin à se remettre en cause sur certains points. Dans tous les cas l’âne
témoigna d’une grande intelligence. C’était déjà ainsi dans le Nouveau
Testament lorsque l’âne soutenait Marie allant se faire recenser avec Joseph,
ou lorsqu’il accompagnait le bœuf dans la crèche, ou quand il portait le Christ
vers Jérusalem pour les Rameaux ! L’âne est un animal biblique (« un
catéchisme sur pattes » dit François Xavier Maigre) qui traité avec
humilité et respect devient partenaire à part entière du cheminement.
Les témoignages de Jacques Clouteau et François Xavier
Maigre nous rappellent ainsi que les ânes sont des animaux très affectueux,
adorant la compagnie des gens. Ce n'est pas par hasard si l'homme les a domestiqués vers 3000 ans avant Jésus Christ, à peu prés en même temps que le cheval.
C’est un peu à tout cela, y compris à la métaphore de l’âne
dans le puits, que le cheminant pensait en contemplant, avec ses amis, une ânesse
et un ânon, dans un pré au bord du Lac d’Estaing ( en Hautes
Pyrénées), ce dimanche 14 octobre.
Dans cet univers de sérénité, le long du GR10, au sud-ouest d'Argelès Gazost, l’âne et l’ânon évoluaient à côté
des chevaux en liberté ainsi que des troupeaux de moutons ou brebis surveillés
par un chien !
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