lundi 16 juillet 2012

Bourlès, Lanzmann, Audrey Ferraro décrivent la marche: "Alors, va !"


 «  Pourquoi sur ces milliers de kilomètres, tant de splendeurs ? Et d’où vient cette émotion toujours prête à s’embraser ? Questions cent fois ressassées. Pourquoi nous, pourquoi moi sur ce chemin qui n’en finit pas de me tendre des pièges ? Qui me dira ? Et quand ? Comment ? Mais je sais pour y revenir tant et tant, qu’à peine la question posée une voix me répond : « jamais personne d’autre que toi ne dira ce que tu sais. Alors, va… » Et je vais… »

 

Jean-Claude BOURLES –Le grand chemin de Compostelle-Petite bibliothèque Payot.

«  J’aime aller quand ciel, terre et eau ne font plus qu’un. On est alors matière et éléments. »

 

«  En marche, nous subirons toutes les misères mais aussi toutes les joies. Tous les supplices mais aussi tous les délices. Nous serons tour à tour au plus bas, puis au plus haut, et ainsi de suite, comme si notre intérieur était à  l’image du terrain traversé : fait de pentes et d’abîmes, de flancs escarpés et de plaines riantes, de rases glissantes et de neiges éternelles, de caillasse et de nids de poule, de poussière ou de sable, de côtes et de descentes, d’asphalte ou d’herbe tendre.

Nous aurons des visions étonnantes là où quiconque ne verra que du feu. Nous verrons du feu là où quiconque sera prisonnier du froid. Nous aurons froid là où quiconque ne viendra jamais se réchauffer.

On s’approchera des dieux même si l’on doit, à ce prix, tirer le diable par la queue. »…

 

Jacques LANZMANN, « Marches et Rêves », JC Lattès, septembre 1988.

 

 

«  Progressivement, elle se laisse connecter à la réalité de l’instant. Tout en cheminant, elle s’éveille aux bruits, aux odeurs et aux sensations qui surgissent autour d’elle. Loin des bavardages inutiles, des éclats de voix intempestifs, des sifflements désagréables ou des surenchères sur le matériel emporté, la Lilloise retrouve la simplicité et l’austérité. Pourquoi faudrait-il reproduire les désagréments de la société sur le camino ? N’est-ce pas l’opportunité de s’ouvrir à une dimension de soi négligée dans la vie de tous les jours ?... »

 

Audrey FERRARO, "Un amour de camino", www.publibook.com,




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