mercredi 11 juillet 2012

Phlyctène, Eosine, les ampoules, les maux du chemin.



Le miracle du Camino

«  Sans observer une phase de repos pour amorcer la guérison, la pèlerine a réduit à néant son état de grâce. La douleur incisive provoquée par la formation de nouvelles cloques la rend insensible aux couleurs, aux odeurs et aux sons qui l’entourent. Loin des bienfaits sensoriels, intellectuels et spirituels liés à la marche, Ester avance maladroitement sans doser ses efforts et ne pense pas à s’hydrater suffisamment. Petit à petit, une sensation de lassitude accompagnée de troubles physiques prend le dessus. »
… «  La peau superficielle de ses ampoules est déchirée. Les phlyctènes se sont percées d’elles-mêmes durant l’effort » …

Audrey FERRARO, "Un amour de camino", www.publibook.com,


« Une des plus grandes difficultés que le pèlerin éprouve sur le Camino, ce n’est pas tant la solitude que cette tentation d’abandonner provoquée par le découragement qui le prend parfois tout d’un coup et qui a tant de mal à le lâcher. A certaines heures…, la route se fait pénible… elle fait mal. Elle est longue, elle épuise, elle tue la santé, elle veut la peau du pèlerin. Elle décourage. Les maux sont de toutes sortes : les pieds échauffés par les kilomètres, les rotules en perpétuelle action, le dos supportant une charge anormale, le corps qui craque de partout. Les conditions atmosphériques sont rarement idéales…. Le miracle du Camino, c’est ce combat intérieur que chaque pèlerin mène en lui-même et bien souvent, contre lui-même. Le miracle c’est de continuer son chemin, de reprendre la route, chaque jour, jusqu’au bout. Le miracle c’est cet effort incessant où le pèlerin se forge un caractère solide, prêt à assumer, par la suite, n’importe quelle épreuve dans la vie de tous les jours. Le miracle, c’est quand le pèlerin en a marre, qu’il était sur le point d’abandonner mais qu’il continue quand même, happé par Saint Jacques et son chemin… »
Pierre GENIN, Pèlerin de Saint Jacques, lève-toi et marche, Parole et Silence/Mols, 2006, repris dans le Guide spirituel des chemins de Saint Jacques, Presses de la Renaissance.



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