lundi 3 septembre 2012

L'accueil par l'Apôtre à Compostelle!


Etape Rua - Santiago: 21 kms, 4h50

Le dernier jour vers Santiago, dimanche 2 septembre, une émotion particulière, un départ tôt, 5h40, et déjà des petits groupes  sur le chemin. Ici des jeunes italiens et italiennes qui chantent, certains se tiennent par la main!Là des allemands. Parfois tous ces pèlerins marchent ensemble dans la nuit, parfois les groupes éclatent lorsque le rythme de marche n'est plus uni! La frontale fait son office! La lune est pourtant là, épaisse et ronde, flamboyante et rassurante! Mais l'épaisseur des foréts freine son rayonnement!
Les pas se succèdent, 7h, encore 13 kms, dit une borne! et déjà des bruits d'avion!
Les étoiles sont là pour accompagner vers le "campus stellae"! Les derniers calvaires nous guident vers le "compostum"... mort et renaissance!
7h30, le jour prend sa place, les chiens, les coqs, les troupeaux, les oiseaux noirs, les moineaux picorant sur le chemin leur nourriture...
Les pas se poursuivent, la banlieue de Santiago, les bruits de l'aéroport...
9h30, le Mont de la Joie! une pause pour contempler le monument! photos! regards pour entrevoir au loin la Cathédrale  cachée par l'urbanisation et les arbres! Encore 5 kms, en ville, en un dimanche matin bien calme! Les pas se font désormais dans l'anonymat de la vie urbaine!
"La vie urbaine avec son lot de klaxons, de rires, d'agitations et de bousculades les happe dans un tourbillon infernal. Les gens qui gravitent autour d'eux sont à mille lieux de penser à la solennité du moment qu'ils sont en train de vivre. Cela fait d'ailleurs longtemps que les pèlerins, échine courbée sous le poids de leur sac à dos, n'attirent plus le regard des citadins, comme s'ils faisaient partie intégrante de cette joyeuse danse aux mille couleurs et parfums."...
Audrey Ferraro, un amour de camino, www.publibook.com.

La dernière porte, la place de la Cathédrale, la Cathédrale, peu de monde, 10h40. Une émotion moins forte que l'an dernier, peu perceptible! SMS vers des amis!
" Ester en a les larmes aux yeux, Frank a le souffle coupé devant tant de beauté. Ils ressentent comme une délivrance,un soulagement, un abandon total et désarmant...."

Le regard du cheminant se porte vers les statues de l'apôtre Jacques! Il monte les escaliers pour pénétrer dans la cathédrale. Il photographie l'arbre de Jessé et ressort, renvoyant à demain lundi, une visite plus riche.
Sur l'esplanade, des amis pèlerins sont venus l'attendre!
La foule se fait plus dense, à 12h est prévue une messe des pèlerins! pèlerins et non pèlerins remplissent la cathédrale!
Terrasses de cafés, restaurant, place de la Cathédrale,photos, sourires, retrouvailles, souvenirs du chemin, horaires des trains, des bus, des avions, échanges de téléphone, e-mails, tapas, baisers, poignée de main, au revoir, adieu!
... Tout a une fin,
"Demain, il n'y aura plus  d'étape à parcourir, ni de sac à dos à porter. Bientôt, les pieds meurtris, les genoux raidis,les jambes tétanisées, les sensations de faiblesse et les courbatures, ne seront plus qu'un souvenir"...( Audrey Ferraro)
... La nuit passe. Au matin de ce lundi 3 septembre, le cheminant est tout étonné de ne pas avoir à marcher ! il s'est donné un jour de visite à Santiago! Demain, il ira à Fisterra!
... Il n'est pas 9h lorsqu'il marche place de la Cathédrale: elle est quasi déserte, un vent froid saisit le corps! les premiers pèlerins isolés, des espagnols qui partent travailler, les véhicules de luxe du Parador "Los Reyes Catolicos" qui affichent leur insolence, les premiers mendiants qui se mettent en place, les marchands qui déplient leur étal, l'office religieux qui se déroule...
... Première photo pour la dernière porte du Camino, celle qui ouvre la Place de la Cathédrale à partir de la place de l'Immaculée! La lune en est témoin!
... la visite de la Cathédrale, recueillement devant le tombeau de l'apôtre, accolade, le porche de la Gloire, l'arbre de Jessé, Mateo: la force d'Hercule ou Hermès, la beauté par l'architecte, la sagesse par les prophètes, le Christ, Dieu. Puis visite du Musée, une attention sur une copie du Codex Calixtinus. La matinée passe, une image retient le cheminant, celle de la mère du Christ donnant le sein à son fils...
... il est 12h30, les rues se sont remplies des pèlerins et des touristes...Euphorie, musique aux coins des rues, cornemuse...















1 commentaire:

  1. Le lièvre et le Caminante

    Ou sont nos quelques 170 km de l'été le long des bisses valaisans ?

    En nous donnant une illusion de facilité, avec un rythme régulier de métronome, 

    au bout de rencontres dont tu nous as livré quelques pages, un vieux chêne ici, un chien par là, un Peregrino errant ... et bien d'autres,

    pour la deuxième fois tu viens d'ouvrir les portes de Santiago !!!

    À l'image du lièvre nous courrons, en vain, pour .... essayer, dans un simulacre de course, de combler cette avance, 

    illusion qui nous permet de croire que les portes se sont un peu ouvertes ... pour nous ...

    Santiago nous appelle ?!!!  Ou bien sommes-nous simplement envieux de ton statut de "libéral du temps libre", que nous regardons dans l'espoir de te rejoindre !

    Bonne route jusqu'à Fistera, pour toucher l'océan au bout du voyage... enfin , est-ce vraiment le bout, ou plutôt le commencement !

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