samedi 10 septembre 2011

Etape Fromista – Carrion de los Condes, 10 septembre, 20 kms, 5H30 : dialogue avec Maître Soleil,

Etape Fromista – Carrion de los Condes, 10 septembre, 20 kms, 5H30 : dialogue avec Maître Soleil, …
… je m’élance de plus en plus tôt, comme si j’avais envie de retrouver la voûte étoilée et contempler les étoiles… souvent, dans ma vie professionnelle, quittant mon domicile le matin, au moment de monter dans la voiture, je me disais : « un jour je prendrai le temps de contempler la nuit ». Ce temps est venu, je le vis, et c’est un privilège d’être seul dans le noir avec les étoiles pour seules complices… Avec mes ami(e)s du CETE, souvent vers 7H, tandis que nous démarrions la journée, nous échangions sur la nuit, le jour, le soleil que nous entrevoyions à travers les vitres du bâtiment… Je pense à eux…
… je m’élance de plus en plus tôt pour voir le jour se lever…
… je réalise aussi que depuis plusieurs jours et plus particulièrement depuis que je dialogue avec le Roi Soleil, depuis Burgos, ce n’est plus vraiment moi qui marche vers Compostelle : nous marchons vers Compostelle. Ce Nous désigne tous ceux qui témoignent par leurs signes d’encouragement, leurs mots de sympathie, leurs paroles. Ce Nous c’est donc les autres, les amis, les Frères, tous ceux qui d’une manière ou d’une autre découvrent par ma démarche le camino : ma démarche devient leur et je deviens le témoin… c’est donc l’Autre associé à la force du Soleil qui me projette vers l’avant, et au message de l’initié suprême, le Christ… Je ne sais si je crois en Dieu ou à un principe créateur, un grand architecte… mais je sais que je crois au message de cet homme… il n’a jamais écrit, ce sont ses « Frères » qui ont témoigné par des textes d’une profondeur extrême… mais quel initié !... il a tout dit !
… hier soir, je me suis attablé à une table de bar, en terrasse, et tandis que je dégustais le menu del peregrino, je réalisais que j’étais face au soleil. Il m’aveuglait comme s’il voulait me parler : « ce matin je t’ai insufflé la force de tes pas, ce soir fais l’effort de me souhaiter une bonne nuit !  N’oublie pas que tu es à l’Ordre».
… «  Bonne nuit, roi Soleil et pardon pour t’avoir oublié »…
… Souvent, quand je traverse les villages, je vois des jeunes ou des adultes tenir par la main ou soutenir des anciens… je pense à ma mère que je n’ai quasiment jamais aidée… j’ai souvenir qu’un jour, elle avait eu un malaise, chez mon frère, et tandis que l’ambulance l’emmenait, elle s’était excusée pour la gêne qu’elle croyait causer…
… il y a toujours des raisons pour ne pas être auprès de l’autre, ces raisons renvoient uniquement à l’égoïsme…
… heureusement mon Frère s’est beaucoup occupé d’elle, ma mère…
… il est presque midi, et j’ai accompli les 20 kms de ce jour… Carrion de los Condes m’accueille !... c’est samedi et déjà le village porte une ambiance de fête…

3 commentaires:

  1. Sacré soleil, il semble ne t'indiquer qu'une direction ton étape finale, et toi naïf chaque matin tu es persuadé que tu vas gagner la course, il est derrière toi, il te nargue, petite pause à midi, sieste réparatrice et pendant ce temps là l'ami Borée te fait de l'oeil jusqu'au soir, il te glisse à l'oreille "à demain petit pèlerin, peut-être gagneras-tu un jour, moi je vais me coucher fais de beaux rêves"

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  2. Oui, mais grace à Maître soleil, vous êtes deux, toi et ton ombre fidèle, à marcher vers l'étape ultime, vers la ligne d'arrivée...

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  3. 11 septembre 2001, ou étiez-vous?
    Sempiternelle question posée par tous les médias jusqu'à la nausée.
    Et bien nous monsieur nous étions mon épouse et moi sur le chemin de Santiago, quelque part en France entre Conques et ...
    Sous un chaud soleil nous traversions de petits villages assoupis en Aveyron au moment de l'écrasement du premier avion, aucun signe extérieur nous indiquant le drame, peut-être un étrange silence du serveur à la terrasse d'un bar au hasard de nos haltes mais rien de plus. C'est le soir qu'au hasard d'un achat dans une petite épicerie que je saisie quelques bribes de conversation, j'en concluai qu'il y avait eu un grave accident d'avion à New-york. Ce n'est qu'à 22h que je compris enfin l'étendue du drame par la voix de mon fils qui semblait paniqué et me repprocha mon inconscience en me déclarant gravement "mais papa tu ne te rends pas compte,c'est la guerre" je ne pus m'empêcher de lui répondre "mais contre qui?
    C'est là que je compris dans quel état d'hébétude les spectateurs du drame étaient plongés depuis douze heures.
    Etrangement des pèlerins rencontrés le lendemain aucun ne fit un quelconque commentaire sur l'étendue de l'attentat, seules des prières furent consacrées aux victimes, aucune colère, aucun jugement sur qui que ce soit.
    J'ai donc vécu ce 11 septembre comme hors du temps avec une lucidité et un recul très salutaire grâce au chemin.

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