mardi 6 septembre 2011

L'arrivée à BURGOS, mardi 6 septembre...

Etape Belorado – San juan de Ortega : 24kms, 6h30, temps frais et vivifiant.
…je quitte tôt Belorado mais je prends soin de prendre un petit déjeuner avec  yaourt, et me voilà parti. Dans la nuit, il est 7h, la dernière boite de nuit est encore ouverte, et mes pas traversent  les fruits d’ivresse et d’excès de la nuit, je ne suis pas rassuré, mais avance et  retrouve bientôt le chemin de solitude qui devient mien…
…il fait frais voire froid, mon coupe-vent me réchauffe, et à nouveau je me refugie dans mon espace de silence pour affronter les 24 kms du jour.  Le chemin nous mène de 770 m à 1162m, il me rappelle les randonnées de l’été dans les Pyrénées…
  finalement, en 6h30, me voici à San Juan de Ortega, un petit village qui n’existe que par son merveilleux monastère…
…le long du chemin, j’ai souvent cafardé éprouvant une grande solitude, alors qu’au même moment c’était la rentrée, donc les premiers pas pour beaucoup…
… je me disais aussi que sur le chemin, on réalisait que l’essentiel c’était d’aimer et d’être aimé, mais comment aimer ?, comment être aimé ?
…la vie professionnelle nous maquille et nous masque pour nous enlever à l’être et nous donner à l’avoir. Souvenons-nous des « champignons «  du Petit prince…
…carrières, indices, statuts…hiérarchie… vanitas des vanitas… le culte de l’ego…
… ce soir, j’ai à nouveau assisté à la bénédiction des pèlerins, dans ce beau monastère.
… « Que le Seigneur par l’intermédiaire de San Juan de Ortega, dirige vos pas et soit votre incomparable compagnon tout au long du chemin».
… J’ai ensuite diné avec Alain, le prof de géographie, et 2 vendéens de 70 ans avec lesquels j’ai passé une belle soirée. Enfin des français sur le chemin…
… ce soir, sur mon téléphone portable, j’ai lu des mots que j’attendais, d’une amie professionnelle : « je te transmets toute mon énergie pour faire face à ton épreuve. Courage, Sincérité, Persévérance, pour arriver au bout de ton chemin… » 
Etape San Juan de Ortega – Burgos : 27.5kms, 7H, temps frais au départ, puis soleil…
… il n’est pas 7H, lorsque je quitte la Casa Rural où j’ai couché, je suis l’un des premiers sur le chemin, je fais attention à ne pas m’égarer dans le noir…le parcours est caillouteux, cela dessert mon pied droit dont le dessous n’est pas beau…je me sers des bâtons pour compenser…
… je vais lentement mais ne m’arrête pas. Enfermé dans ma coquille, je vois le jour se lever.  J’entends des coups de fusil dans les champs, la chasse est ouverte, tout au moins pour certains oiseaux…
…et puis vers 9H 30, au loin, une grosse tâche, Burgos. Elle rassure, car les longues séquences de silence intérieur sont parfois négatives et isolent l’individu. Alors apercevoir au loin le but du jour, c’est un peu de réconfort au même titre que recevoir très tôt des SMS.
… que de croix sur le chemin, mais ne sont-elles pas les signes  que nos pas s’ordonnent dans le sillage des messages de l’initié suprême…
…au bout de 17kms, voilà la banlieue de Burgos, l’aéroport, les lignes ferrées, les zones industrielles. Il reste pourtant plus de 10 kms avant d’atteindre la cathédrale. Je remarque que de nombreux pérégrinos ont décidé à Villafria de prendre l’autobus, pour arriver plus vite dans le centre-ville…
… à 14h, me voici à la cathédrale…
… direction une pharmacie pour refaire le stock de Compeed, compresses, crèmes anti frottement ou pieds fatigués…
… toilettes, entretien des pieds et jambes…
… une sieste blottie dans le sac de couchage de mon frère, pour retrouver une chaleur qui me fait défaut dans les instants qui suivent la fin de la marche…
… deux bières, des sandwichs…le temps passe vite, il en reste très peu pour visiter …il faut préparer la journée du lendemain…
... mon ami Yves me donne un heureux coup de fil, ...merci à lui!

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