vendredi 23 septembre 2011

Etape SARRIA - PORTOMARIN, vendredi 23 septembre....

Etape SARRIA - PORTOMARIN: 21.5 KMS, 6H, brouillard, brouillard...
...De fermes en fermes...
... 6H2O, je quitte SARRIA en escaladant des escaliers à +10 ou 15%, j'étais seul ( avec le SMS de Marie Pascale), et soudain une meute de groupes de pèlerins... l'effet "Compostella", qui accorde à ceux qui font 100kms une attestation particulière, "La Compostella"...
... j'ai du mal à me reconnaître dans ces groupes qui vivent le camino comme un trek, et de toutes façons je ne peux suivre leur rythme...mes jambes sont usées par l'effort,  les couches d'arnika, les gels étendus sur leur surface... mes pieds n'ont qu'une envie, se mettre en retrait...de tout...
... pourtant, je constate que finalement j'arrive souvent avant eux, je vais lentement mais je ne m'arrète pas, c'est ma force de "marathonien"...je me ravitaille en marchant...le matin, je ne déjeune pas, et au fil des pas, je grignotte le pain du menu del peregrino que j'ai subtilisé la veille au soir...parfois je m'arrète en chemin pour déguster un "cafe americano"et un croissant...ce matin j'ai mangé une pomme que j'avais mis dans mon sac, dimanche...
... en fait le pèlerin devient trés superstieux lorsqu'il se rapproche du but...il fait attention à tout et tout est signe...pourtant, je réalise que depuis une semaine, je ne refais plus le monde dans ma tête, comme si un accord avait été passé entre mon corps et mon esprit, entre mon corps, mon âme et mon coeur, choisissez vos mots...
...le chemin permet tous les langages. Personnellement, sur le chemin, j'ai aimé redécouvrir les mots du Grand Initié à travers les paroles de ses "pots", les évangélistes, j'y ai conforté mon admiration pour cet initié et j'ai constaté les milliers de façons de lire et interpréter son dire...
... sur le chemin, je parle peu de l'apôtre, je parle peu de Dieu, cela dépasse mon intelligence et ma compréhension, je préfère l'homme du discours sur la Montagne: "Heureux..." Il est Homme et Porteur d'un sacré message...
... sur le chemin, je ne prie pas mais je dialogue avec l'initié suprème et quand "la paz de Dios" porte ma main vers l'autre, j'y adhère infiniment...
... curieux chemin qui transcende toutes les spiritualités religieuses ou laiques et qui les concilie...
... si j'arrive au bout du chemin ce sera grâce à tous les messages d'encouragement que je reçois chaque jour et comme je le dis, désormais ce n'est pas moi qui marche, c'est nous  qui marchons !... curieux voyage... des noms, des prénoms, des visages, des retrouvailles... dans tous les cas...des signes.
... Luc Ferry nous dit que le voyage d'Ulysse est le premier exemple de spiritualité: Ulysse refuse l'immortalité et l'amour que lui offre la plus belle femme du monde pour rester mortel et retrouver sa Pénélope...
... Le chemin, c'est un peu le voyage d'Ulysse, un voyage qui conduit du nord au sud  puis   du levant au couchant, le couchant incarnant le sommeil ou la mort du soleil, mais aussi la future renaissance du vieil homme usé par les pas, et le temps de l'épreuve... le lever du Soleil, mon guide de la Meseta...
... Le chemin, c'est aussi la recherche du pardon pour les fautes et erreurs commises  dans  le cheminement de vie...
...le temps passe, toujours le brouillard, des villages, des fermes, des...bouses de vaches...des glands, des chènes...
... le fameux kilomètre 100...
...10H, FERREIROS, il me  reste 8,5kms...
... 12H 30, un long escalier en rampe pour atteindre Portomarin, au dessus de l'embalse de Belezar.... et le soleil qui n'a pas toujours crevé le brouillard...

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Vos observations: