dimanche 25 septembre 2011

Nouveaux témoignages-5

Nouveaux témoignages -5
... "« L'important est le voyage, pas la destination ... Un voyage au bout du spirituel, au bout de soi-même, un chemin opératif entre le maçon et le charpentier. »"

..."Bonjour Pierre
Je rentre de mes 15 jours de vacances qui n'ont rien avoir avec les 15 jours que tu viens de passer !!!!!
Mais c'est sûr nous le ferons ce chemin avec jp
bien qu'il soit très éprouvant mais à deux je pense que ce sera plus facile.
Tu es vraiment très courageux même si toutes tes réflexions et remarques prouvent que c'est un bénéfice évident dans la balance de ta vie ....Sur la photo du 24 septembre tu sembles assez éprouvé et amaigri. Protèges toi quand même !!! Tu n'es pas obligé de faire pénitence !! non je rigole
C'est un réel plaisir en tout cas de te lire jour après jour. Là j'ai 15 jours de retard et de la bonne lecture en perspective même si je suis loin de tes réflexions religieuses !!!!!
Bon courage Pierre et bravo pour ce centième kilomètre !!! "

... "Les derniers cent kilomètres sont souvent une lente immersion dans le monde réel comme disent les politiques, des cars entiers de touristes qui se précipitent sur les dix derniers kilomètres pour se sentir pèlerins pendant quelques heures et se pavaner ensuite à Santiago aux terrasses des bars...
Combien de fois je les ai maudits ces intrus bruyants et bavards, et puis j'ai pris le temps de discuter avec quelques uns.
Au bord du chemin je vois une dame en surcharge pondérale évidente suante et soufflante comme un cétacé hors de l'eau assise près de son mari, je m'informe de de ses difficultés, souriante malgré tout, elle me dit qu'ils sont Dominicains elle s’excuse presque d'être sur le chemin mais avant de retourner dans son pays elle voulait absolument faire quelques pas sur ce chemin dont le monde entier parle et ainsi emporter dans son esprit une parcelle du sentier magique.
Belle leçon de tolérance pour moi, un peu d'humilité aussi, moi le baroudeur mal rasé avais-je le droit de juger ceux qui osaient encombrer "MON CHEMIN" "

... "11 septembre 2001, ou étiez-vous?
Sempiternelle question posée par tous les médias jusqu'à la nausée.
Et bien nous monsieur nous étions mon épouse et moi sur le chemin de Santiago, quelque part en France entre Conques et ...
Sous un chaud soleil nous traversions de petits villages assoupis en Aveyron au moment de l'écrasement du premier avion, aucun signe extérieur nous indiquant le drame, peut-être un étrange silence du serveur à la terrasse d'un bar au hasard de nos haltes mais rien de plus. C'est le soir qu'au hasard d'un achat dans une petite épicerie que je saisie quelques bribes de conversation, j'en concluai qu'il y avait eu un grave accident d'avion à New-york. Ce n'est qu'à 22h que je compris enfin l'étendue du drame par la voix de mon fils qui semblait paniqué et me repprocha mon inconscience en me déclarant gravement "mais papa tu ne te rends pas compte,c'est la guerre" je ne pus m'empêcher de lui répondre "mais contre qui?
C'est là que je compris dans quel état d'hébétude les spectateurs du drame étaient plongés depuis douze heures.
Etrangement des pèlerins rencontrés le lendemain aucun ne fit un quelconque commentaire sur l'étendue de l'attentat, seules des prières furent consacrées aux victimes, aucune colère, aucun jugement sur qui que ce soit.
J'ai donc vécu ce 11 septembre comme hors du temps avec une lucidité et un recul très salutaire grâce au chemin."
..."Sacré soleil, il semble ne t'indiquer qu'une direction ton étape finale, et toi naïf chaque matin tu es persuadé que tu vas gagner la course, il est derrière toi, il te nargue, petite pause à midi, sieste réparatrice et pendant ce temps là l'ami Borée te fait de l'oeil jusqu'au soir, il te glisse à l'oreille "à demain petit pèlerin, peut-être gagneras-tu un jour, moi je vais me coucher fais de beaux rêves" "
...""Tu dois commencer à en avoir assez, peut être même plus qu'assez!"
Pas si sûr! N'est-ce pas Pierre...
Plus l'on s'approche de la ville magique, plus l'on redoutera le moment ou submergé d'émotions on s'écroulera sur la place face à la cathédrale, au milieu d'une foule de pèlerins éreintée, béate, transfigurée, joie mêlée déjà de nostalgie et de blues.
La déprime "post-pélerinale" ça existe, si, si, difficile d'y échapper à moins d'avoir un coeur de pierre, ce qui est loin d'être ton cas.
Mais tu n'en est pas encore là, savoure chaque pas avec délice petit pèlerin, malgré ton envie d'en finir, tu arriveras toujours trop tôt pour faire le tour de ton âme! "
..."Hum, hum, c'est étrange comme tu sembles éviter soigneusement le contact avec les villes même modestes, Léon, Ponferrada...
Dis-moi gentil pèlerin fuirais-tu la foule urbaine pour des paysages plus émollients ou seul les vacas broutent tranquillement en te regardant passer! "
..."Mi querido Pedro,
Ahora que hablas español por fin nos vamos a entender.. Par pitié pour tes ampoules nous continuons en français, non qu'on pense avec ses pieds mais ça y contribue. Nous suivons avec beacoup d'amitié ton odyssée, de très loin comme tu dois t'en douter. Même là, nous te sommes redevables pour tes temoignages qui nous interpellent dans nos propres pensées. En espérant ne pas surcharger ton sac à dos, nous t'envoyons pleins d'amitiés, cariños y abrazos."
..."Bonsoir
Et voilà la borne des 100 kms, presque l'arrivée. Finalement tout est allé bien vite et même trop vite.
Courage et bon pas. Profites.
Quant à moi je chemine à ma manière en préparant un autre pèlerinage qui occupe bien mes journées devant un écran en attendant de retrouver nos frères les malades.
Je t'embrasse."
..."bonjour, je t'adresse ce message pour te soutenir. Tu approches de ton but. Papa m'a donné régulièrement de tes nouvelles. Je t'encourage pour ces dernières étapes. à bientôt.

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